lundi, 22 septembre 2008
Services culturels de l’Ambassade de France - Andrée Putman à l'honneur
C'est dans le hall d'entrée circulaire du bâtiment des Services culturels de l'Ambassade de France où commence l'exposition dédiée à Andrée Putman, une des plus importantes designer d'intérieur contemporain. Le majesteux hall d'entrée entièrement fait de marbre blanc avec colonnade et au centre, une statue d'un angelot attribuée à Michel-Ange, se prête très bien à l'exposition des quelques meubles présents. On peux y voir la valise Oceano (ci-contre à gauche), il s'agit d'un mini-placard de voyage dont les finitions sont parfaites et qui évoque les croisières transatlantique de début du XXè. s siècle. Des fauteuils dont le fameux Loveseat, une reproduction de salle de bain, le banc Elephant, tout respire la grande élégance, la classe, la beauté simple, éclatante, c'est vraiment un spectacle exceptionnel pour les yeux (vous direz sans doute que j'en fais un peu trop!).
L'exposition continue au deuxième étage avec dans la première grande pièce le piano Pleyel Voie Lactée créé par Andrée Putman. Je ne suis pas experte en piano mais celui-ci est vraiment sublime, avec des formes toutes en courbes, laqué noir brillant. La banquette de piano est une merveille: capitonnée en flanelle grise, boules en cristal pour le réglage. Le piano porte le nom de Voie Lactée car cette dernière est peinte à la main à l'intérieur du couvercle bleu nuit avec une constellation d'étoiles et les quatre points cardinaux. La série ilimitée est au prix de 89.000€ et la série limitée à 8 exemplaires numérotés, avec ajout de nacres incrustées, Corian noir et blanc, capitonnage de la banquette en crin de cheval est au prix de 200.000€.
La troisème pièce présente un mur de cadres photos numériques avec tous les designs d'intérieur réalisés par Andrée Putman, depuis son loft à Paris, jusqu'à l'hôtel Morgans à New-York (qui vient de re-ouvrir ses portes) en passant par l'Institut Guerlain sur les Champs-Elysées et diverses boutiques de luxe, on se délècte de tout ce raffinement. Au centre, une série d'objets de laquelle nous retiendrons la délicate chaise Bastide (ci-contre à gauche).
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dimanche, 21 septembre 2008
Bard Graduate Center - Thomas Hope ou le raffinement de la Régence Anglaise
Le Bard Graduate Center est l'école new-yorkaise des Arts Décoratifs, Design et Culture. L'institution dispose également d'une galerie ou sont organisées des expositions. À l'heure actuelle, c'est la période de la Régence anglaise (1810-1820) qui est mise à l'honneur, plus particulièrement les arts décoratifs dévelopés par Sir Thomas Hope, fils de banquier qui devint une des figures clés de l'époque. Le futur George IV était alors Prince Regent, son père George III étant atteint de folie, et la société se caractérisait par un immense raffinement dont Thomas Hope fût l'un des promoteurs les plus actifs.
Après avoir réalisé le traditionnel "Grand Tour" qui consistait pour les jeunes nobles à voyager en Europe et voir les merveilles de la Rome Antique et de l'Egypte entre autres, il revint en Angleterre et écrivit un livre de design intérieur Household furniture and interior decoration (voir un exemple de page ci-contre à gauche). Le style dépeint dans ce livre est élégant sans enlever une certaine dimension de confort, les objets exposés et leurs supports sont étroitement liés, les décorations, ornements et matériaux utilisés sont largement inspirés de l'Antiquité Romaine et Egyptienne.
L'exemple le plus flagrant est cet ensemble de deux chaises (ci-contre à droite) et un siège (ci-dessus, en en-tête) au style indéniablement égyptien en ébène noir, hêtre doré, soie damassée, une pure merveille. Les objets ici présentés meublaient la maison de Thomas Hope sur Duchess Street à Londres, ce dernier la faisait d'ailleurs visiter au public qui comprenait même le gratin royal.
Une série de dessins de grande qualité, par Thomas Hope lui-même durant son Grand Tour montre certaines architectures en Turquie et en Grèce. L'exposition est accompagnée de quelques peintures néo-classiques (mouvement actif en France à cette époque), certaines effectuées par les élèves de Jacques-Louis David. Il y a même un portrait de plein-pied du jeune noble en tenue traditionnelle turque! Mais le tableau qui fixa mon attention est L'épée de Damoclès (ci-contre à gauche, 1812) de Richard Westall R.A., scène représentant Damoclès, envieux de la richesse du Roi Dionysius II de Syracuse qui durant un jour, laissa sa place au jeune homme. À la fin de la journée et lors d'un fastueux banquet, ce dernier se rendît compte qu'une épée était suspendue par un fil au dessus de lui. Il rendit alors sa place au Roi en ne souhaitant plus jamais être aussi fortuné.
Enfin, on peux admirer d'autres meubles et objets tels cet ensemble de consoles aux supports en forme de panthère, ces chandeliers en bronze doré, il y a aussi du mobilier en mahogany et des aquarelles de la dernière maison de Thomas Hope dans le Surrey (ci-contre à droite), Deepdene ou les intérieurs et les jardins s'articulent harmonieusement. Cette exposition nous donne une vision restreinte mais efficace de cette époque durant laquelle la coupe du costume d'un homme était aussi importante que ses idées politiques.
16:25 Publié dans Architecture & Design | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 18 août 2008
Los Angeles - Merci Monsieur Getty
Je viens de passer les trois derniers jours immergée dans de la pure Beauté. Beauté architecturale, artistique, naturelle...les deux musées Getty à Los Angeles sont deux pures merveilles.
J. Paul Getty, magnat du pétrole des années 50 à 70, était un des hommes les plus riches au monde...et un immense fan d'art, notamment d'art antique et d'antiquités. Il ne verra malheureusement pas achevés les deux musées qui portent son nom.
Le Getty Center est, au delà d'un musée, un véritable centre de recherches sur l'art. Il a été conçu par le jeune architecte - à l'époque - vainqueur du Pritzker Price, Richard Meier et les jardins sont de Robert Irwin. Les différentes ailes du musée se situent en haut d'une montagne, avec vues sur Los Angeles, l'océan et les villas de Bel-Air (quartier huppé); pour y aller il faut prendre un mini tram, dont la station de départ est accolée à un jardin de sculptures exceptionnel! Pour voir l'album photos des sculptures, cliquez ici.
Robert Meier ne laisse rien au hasard, tout au Getty Center a une raison. Les murs des bâtiments, par exemple, sont faits à base de carrés, tous à la même mesure standard (un mètre), supposémment cette mesure donne une dimension humaine à l'édifice. Ces carrés sont faits en partie de travertine, roche venue directement d'Italie (plus de 100 voyages en bateau) et d'un métal blanc-beige, le fameux "brown Meier", inspiré du nom du "white meier" pour lequel l'architecte est connu. La construction du centre se fît sur treize années ! Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse admirer le site sur l'album photos ici.
L'art au Getty Center est exclusivement de l'art occidental et s'arrête à l'art moderne (pas de compétition pour le BACMA, donc). La collection permanente compte parmi de belles sculptures antiques, baroques et néo-classiques, telle les trois statues néo-classiques des déesses Vénus, Minerve, Juno de l'anglais Joseph Nollekens.
Il y a également au Getty Center une belle collection d'impressionistes et post-impressionsites, notamment le mystérieux tableau The Portal of Rouen Cathedral in morning light de Claude Monet (ci contre à droite).
Néanmoins, on ne pourrait pas parler du Getty Center sans parler de sa collection exceptionnelle d'antiquités dont une grande partie est française...et très rococo, prenez ce lit (ci-contre) attribué à Jean Baptiste Tilliard et appartenant à la maîtresse de Louis XV, la fameuse Madame de Pompadour.
La Getty Villa est une maison reproduite selon le modèle d'une villa de la Rome Antique, engloutie par l'éruption du Vésuve en 79, mais dont certains plans ont pu être établis grâce aux fouilles. Quoi de plus adéquat qu'une maison antique pour accueillir une collection d'art antique...? La Villa est située sur les hauteurs de Malibu, vue sur mer, végétation méditerannéenne, grillons...l'endroit est paradisiaque. On peux se promener dans les différents jardins, le jardin d'herbes est remarquable et les effluves ennivrantes (lavande, thym, romarin), les péristyles comptent en leur centre des fontaines, des bassins à nénuphars, des statues en bronze, des oliviers, figuiers...un vrai jardin d'Eden!
Les intérieurs sont admirables et sont une reproduction casi-exacte de ce qu'était la maison originale, les sols et murs de marbre peuvent compter jusqu'à sept marbres différents! Petit album photo de la Villa ici.
La collection est également remarquable, depuis les figures géométriques de l'ère minoénne jusqu'au statues romaines du IVè. s en passant par la vaisselle d'or et d'argent et les fresques miraculeusement reconstituées des domus, on suit un vrai cours d'art antique avec bonheur. Une des plus belles pièces se trouve dans le temple d'Herakles, c'est la statue romaine de Herakles ou Hercules (125 ap. J.C), doté de la peau du lion qu'il étrangla de ses mains lors de ses douze travaux. Regardez les motifs du sol de marbre, c'est magnifique!
03:50 Publié dans Architecture & Design, Art Baroque, Art de la Renaissance, Art du XVIIIè. s., Art Médiéval, Art Moderne, Photographie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 15 août 2008
Los Angeles - le Hammer Museum sur le campus de UCLA
C'est à l'entrée du fameux campus de l'Université de Californie et à quelques pas des splendides demeures de Beverly Hills que se trouve le Hammer Museum. Contribuer à la vie intellectuelle du campus et promouvoir le rôle crucial des artistes au coeur de la culture et de la société sont les deux missions de ce musée.
Plusieurs expositions à l'heure actuelle:
Tomma Abts, exposition déjà vue au New Museum de New-York. Les peintures de cette femme artiste (lauréate du Turner Prize 2006, équivalent du césar pour les artistes) qui crée dans sa cuisine sont fascinantes, plus on les regarde et plus on découvre des curiosités, étrangetés de formes et d'ombres. J'aime particulièrement Mehm ci-contre, entremelage de triangles aux tons rouges et bordeaux, on ne sait pas bien ou les lignes commencent et finissent.
Entre Terre et Paradis, l'architecture de John Lautner, exposition dédiée aux réalisations radicalement innovatrices de John Lautner, notamment de part leur relation avec l'espace et la nature. Architecte originaire de Los Angeles, John Lautner a crée en fonction de son environnement, la côte ouest des USA ou les montagnes abruptes sont légions. Cela donne des réalisations à la limite de la troisième dimension telle la Chemosphere en photo en-tête de cet article ou bien la Marbrisa ci-contre. L'exposition est très bien organisée avec un juste équilibre entre les plans de l'architecte sous verre sur de grands pupitres, des maquettes et des vidéos des maisons.
La collection permanente n'est pas en reste avec de beaux tableaux des impressionistes: Monet, Pissaro, Manet et post-impressionistes: Gauguin, Van Gogh. Mais le plus beau tableau de cette collection est l'oeuvre maîtresse du symboliste Gustave Moreau: Salomé dançant devant Hérode, le premier plan capte immédiatement l'attention avec Salomé somptueusement vétue et portant mille parures antiques et exotiques, délicatement et minutieusement peintes. La danceuse fascine par sa grâce et la lumière centrée sur elle est légèrement poudrée. Hérode, un peu plus en arrière sur la droite observe attentivement (on comprend pourquoi!). Derrière ce premier plan, on entre-aperçoit l'architecture volumineuse et monumentale d'un palais. L'orientalisme qui se dégage de cette oeuvre est à son comble. On remarque également le beau portrait de John Singer Sargent. du Dr. Pozzi at Home et les nombreux tableaux et gravures d'Honoré Daumier.
Enfin, un petit bijou d'exposition commissionnée par une artiste: Jennifer Bornstein qui mêle des gravures de Goya et de Albrecht Dürer (ci-contre The small horse, des dessins de Rembrandt, des photos de Man Ray, et d'autres choix judicieux, le tout assemblé sur trois murs seulement. Petit mais costaud.
17:35 Publié dans Architecture & Design, Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 27 juillet 2008
MoMA - Home Delivery: Fabricating the Modern Dwelling
Un avant-goût de l'exposition d'architecture sur les maisons préfabriquées au Museum of Modern Art. Les dessins et réalisations d' architectes tels que Wright, Le Corbusier, Fuller, Prouvé et Eames sont présentées de façon très didactique. Mais aussi les idées de nos contemporains avec des maquettes de maisons toutes aussi farfelues les unes que les autres. En effet, une fois accepté le fait que les traditionalistes (maisons classiques, non mobiles) ont gagné, la place est à toutes les fantaisies. Ci-dessous Archigram, datant des années 1965. Ça vous tente?
Pour avoir une idée de ce que cela fait de vivre dans une maison préfabriquée, Buster Keaton en 1920 filme "Une semaine", histoire d'un couple fraîchement marié qui amménage...c'est tordant.
14:20 Publié dans Architecture & Design | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 21 juillet 2008
Les Arts Décoratifs français du XXè. s à New-York
Spécialisée dans les arts décoratifs des années 20 aux années 50, la galerie L'Arc en Seine est présente à Paris avec trois espaces rue de Seine et un à New-York, à quelques pas du Metropolitan Museum of Art. La galerie new-yorkaise a ouvert ses portes il y a un peu plus de dix ans dirigée par Frédéric Fieux, originaire du sud-ouest français et grand passionné d'art.
Peu de galeries à New-York sont spécialisées dans cette époque et Frédéric Fieux souligne "notre chance est de pouvoir accompagner nos clients dans leurs choix et les orienter sur cette époque qui fut extrêmement prolifique".
La galerie bénéficie d'une localisation privilégiée et calme sur la 82ème rue et on entre dans L'Arc en Seine comme si l'on pénétrait dans une propriété privée, l'ambiance intimiste et tamisée met clairement en valeur le mobilier de prestige exposé.
La personnalité qui se dégage du lieu est remarquable et le raffinement des pièces exposées très français. On y trouve notamment le lampadaire à l’étoile en bronze patiné de Alberto Giacometti (ci-dessous), des tables basses de Paul Dupre Lafon et Georges Jouve, des chaises de Jean Michel Frank, des vases de Jean Dunand, la lampe à six feuilles de Pierre Chareau (ci-contre), une table de Maria Pergay.Enfin, un triptyque de peintures contemporaines "Terre, ciel, mer" du japonais Hiroshi Sugimoto accompagne élégamment l'ensemble.
En ce qui concerne la spécificité du marché américain, Frédéric Fieux explique: "Outre-atlantique, les notions de conseil et de service sont primordiales. Les acheteurs se font volontiers accompagner par des designers d'intérieur ou des consultants en art leur permettant d'avoir une certaine cohérence au niveau de leurs acquisitions. Il y a également des collectionneurs très avertis qui viennent à la galerie et font des choix très personnels".
Pierre Chareau, Paul Dupre Lafon, Jean Michel Frank, Eugene Printz, Georges Jouve sont ainsi les fabricants de mobilier que l'on retrouve le plus fréquemment à L'Arc en Seine et qui participent à la renommée de la galerie au niveau international. "Cette période, entre les années 20 jusqu'à après guerre, a totalement remplacé celle du mobilier du XVIIIe. s, beaucoup trop classique et qui ne correspond plus aux goûts actuels, plus orientés vers le moderne et le contemporain. Un mobilier des années 30 tel une chaise ou un buffet Eugène Printz peut parfaitement s'accorder avec un intérieur contemporain, ce qui n'est pas le cas des consoles laquées XVIIIe s."
L'Arc en Seine sera présente à la XXIVè. Biennale des Antiquaires qui aura lieu du 11 au 21 septembre au Grand Palais à Paris.
03:45 Publié dans Architecture & Design | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 juillet 2008
Un collectionneur de l'ombre (5)
Lisez la partie précèdente de l'article dédié à AM ici
Et la photographie ?
AM reconnaît qu’il s’agit d’un art qui se développe bien aujourd’hui même si il demeure « réservé » aux connaisseurs. « Je vais voir des expositions, je visite des galeries: Jacques Girard ou Brice Fauché à Toulouse par exemple, en qui j’ai une totale confiance et qui m’apprennent beaucoup de choses sur cet art. »
Une expérience payée au prix fort.
Si aujourd’hui AM connaît les réflexes à avoir lors d’une découverte artistique, cela n’en a pas toujours été ainsi. « Dans ce monde, personne ne t’aide. Et les personnes face à toi poursuivent leur propre but: vendre. Lorsqu’on désire acquérir une œuvre, il faut être renseigné sur la galerie, son évolution, les artistes présentés, les écoles. L’acte d’achat devrait aller bien au-delà d’une impulsion, d’un coup de coeur…»
L’expérience est donc nécessaire pour pouvoir connaître la valeur d’une œuvre ébréchée par exemple, et pouvoir l’acheter à sa juste valeur et non en sur côte. « Les antiquaires m’ont appris une chose, il faut toujours acheter dans le but d’une revente. Puisqu’il faut avoir conscience que nous ne sommes que les dépositaires des oeuvres. »
Dépositaires, le temps d’une vie ou le temps d’une époque. En effet, lorsque les goûts évoluent, il faut pouvoir avoir une certaine stabilité financière afin d’acquérir de nouvelles oeuvres.
L’expérience est également nécessaire lorsqu’on est confronté à des problèmes de faux. « Dans le doute, il est recommandé de s’abstenir. Un jour, à l’occasion d’une foire d’art, LA pièce que je recherchais, un vase de curamata en résine, était présente sur au moins quatre stands et à un prix très élevé. J’ai préféré m’abstenir. »
Apprendre les valeurs sûres du métier comme acquérir des séries limitées originales d’œuvres contemporaines (moins de possibilité de copies) ; faire de l’achat-vente par l’intermédiaire des maisons de vente aux enchères, notamment à Paris. Même si le coût est élevé et qu’il est impossible d’acheter à crédit comme chez les marchands, pouvoir choisir un spécialiste des objets à vendre est très recommandable.
Mais la valeur sûre indispensable dans le métier est le sang-froid. « J’ai de la chance car ma femme a plus de recul, elle me calme sur pas mal de choses. Maintenant je me suis assagi et je discute longuement avant une acquisition, avec l’artiste ou le marchand. Par conséquent, je payais trop cher des verres de Gallé, certaines œuvres qui après se sont révélées négatives a la revente. Personne ne te fait de cadeaux et tu es obligé d’évoluer tout seul. Faire son expérience de collectionneur, c’est perdre de l’argent, mais c’est surtout apprendre et affiner son goût. »
Une vision actuelle du marché de l’Art.
Une composante essentielle de la vie d’un collectionneur, c’est aussi la participation aux évènements de l’art. Ainsi dès qu’il en a l’occasion, AM se rend aux expositions en France ou à l’étranger. Un des évènements marquants de son parcours fût l’exposition monographique Braque à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence en 1980 ainsi que « La Beauté in fabula » au palais des Papes d’Avignon. Mais aussi une exposition Lucian Freud ainsi que, plus récemment, celles de la collection François Pinault au Tri Postal à Lille.
« Aller dans des expositions, se tenir au courant des ventes permet d’évoluer dans un autre registre et de se rendre compte de la réalité du marché. Par exemple, le fait que les artistes anglo-saxons Damien Hirst et Jeff Koons soient actuellement en tête en termes de cotes » (vente record en juin dernier de l’œuvre Hanging Heart de Koons pour 23,6 millions $ US).
Selon AM, la France est sous-évaluée, mal défendue au niveau international. « Plus globalement, en Europe continentale, le Royaume-Uni compte de grands collectionneurs, mais se rallie plus aux Etats-Unis, si l’on additionne les collections privées ainsi que celles des musées, du XVè s. jusqu’au XVIIIè s., la balance penche en notre faveur. Ce n’est que depuis les années 1930 ou la France dominait les arts, que l’on assiste à un déclin dû à sa reconstruction. »
« A l’heure actuelle en France, on s’aperçoit que les subventions des musées servent plus au financement de leur fonctionnement plutôt qu’à l’acquisition de nouvelles œuvres, pour lequel on a tendance à attendre des donations. »
AM est un fervent défenseur de l’enseignement de l’histoire de l’art dès l’école et d’une revalorisation du budget du Ministère de la Culture. Pourrait-il en être autrement d’un homme pour qui « l’Art ne sert pas à autre chose que d’élever l’esprit des gens et leur sensibilité »?
Selon AM, Charles de Gaule n’a pas été a la hauteur de la tache. « À partir de là, la plupart des artistes sont allés aux Etats-Unis et ce fut le début de l’ère américaine avec Rauschenberg, Andy Warhol et tout le mouvement du Pop Art. Il a fallu attendre George Pompidou puis François Mitterrand avec Jack Lang pour relancer la machine. »
L’acquisition d’une œuvre : une émotion de chaque instant.
Felix Marcillac a écrit dans son livre sur l’Art Déco « Seule compte la découverte. » Pour AM, la découverte est comme une drogue, ce n’est qu’après qu’il commence à réfléchir au mode de paiement. Mais attention, les oeuvres qui plaisent au premier abord ne se sont pas toujours avérées les plus intéressantes. « Une œuvre qui ne délivre pas son secret d’emblée, c’est celle-là qu’il faut acheter. Laisser une part au doute. » François Pinault a d’ailleurs dit à ce sujet « Les meilleures œuvres que j’ai achetées sont celles que je n’ai pas comprises au départ, c’est après que cela se révèle et c’est encore plus fort. »
La collection dans 30 ans ?
« Je ne la vois pas. Je ne sais même pas si je serai encore dans les mêmes objets. J’aimerais la laisser à mes enfants pour que mes petits-enfants soient contents. J’espère simplement que je garderai cette passion jusqu'au dernier jour, voir des formes, des couleurs, ça me fait rêver. C’est une réalité différente. »
04:30 Publié dans Architecture & Design, Art Contemporain, Vie d'un collectionneur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 juillet 2008
le MET et ses trésors - les pièces maîtresses du design moderne
Le Metropolitan Museum of Art à New-York, dans Central Park est en quelque sorte le "Louvres" américain. C'est immense, on s'y perd joyeusement, depuis la Grèce et la Rome Antique jusqu'à l'Art Contemporain, toute l'histoire de l'art est couverte. Le Musée se prévaut d'ailleurs d'être tel une encyclopédie sur l'Art.
Actuellement, il y a plus de dix expositions à voir...c'est vous dire. L'une d'entre elles présente une sélection parmi les 4.000 chefs d'oeuvre du musée du design moderne: Ruhlmann, Gallé, Lalique, Dunand, Sotssass, Hadid, ils y sont tous à notre grand bonheur.
Tout d'abord, en entrant dans la salle d'exposition, nos yeux sont inévitablement attirés par des panneaux monumentaux en verre doré de Jean Dupas, spécialement crée pour le salon 1ère classe du paquebot de luxe français, le Normandie.
On peux ensuite admirer le cabinet État par Emile-Jacques Ruhlmann, commandé par le musée à l'artiste en 1925, marqueté d'ivoire de Macassar; le vase icone Tourbillons de Lalique;
La bibliothèque "Carlton" Room Divider de Ettore Sottsass: Plus dans le contemporain, la chaise de salon Gyre de Zaha Hadid:

Egalement, les verres de Emile Gallé et
Jean Dunand. Ce dernier a inventé une technique fameuse qui consiste à laquer des petits morceaux de coquilles d'oeufs sur les contours de vases, il avait d'ailleurs un élevage de poules afin de pouvoir disposer d'oeufs et choisir leurs couleurs!
Enfin, est présentée une oeuvre de l'artiste africain contemporain (un des rares) El Anatsui
qui consiste en un mur suspendu en métal qui lorsqu'on s'approche s'avère être fait de débris métaliques, reste de cannettes de soda, bouchons...minutieusement cousus les uns aux autres. L'exposition a le mérite, malgré l'espace restreint dont elle bénéficie, de présenter chaque discipline du design: meuble, oeuvre en métal, verre, céramique, textiles, bijoux....Un vrai best-of.
15:20 Publié dans Architecture & Design | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 14 juillet 2008
Un collectionneur de l'ombre (4)
Lisez la partie précèdente de l'article dédié à AM ici
La verrerie contemporaine.
Fidèle à l’art du verre, AM demeure un connaisseur averti des œuvres contemporaines de ce domaine, dont les représentants les plus notables en France sont Antoine Leperlier, Bernard Dejonghe, le spécialiste en taille du cristal de Bohême: Yan Zoritchak. Sur le plan international, le rôle majeur de la Tchécoslovaquie avec les écoles de Novibor, celle de Stanislav Libensky et sa femme Jaroslava Brychtova, est incontestable. Enfin, Outre-Atlantique on retrouve Tom Patti, le “révolutionnaire” Dale Chihuly connu pour intégrer le travail en équipe dans le processus de création.
Le mobilier du renouveau du design, années 80.
AM voue une grande admiration aux architectes et designers tels que Ettore Sottsass, « un des plus grands architecte italiens qui a influencé toute une génération, des années 1980 jusqu’à aujourd’hui. Il a formé le groupe Memphis avec d’autres grands comme George Sonden, Michele De Lucchi, Andrea Branzi. A l’heure actuelle et depuis vingt ans, Sottsass est l’artiste le plus représentatif du renouveau du design, même si ce mouvement italien laisse clairement la place aujourd’hui à ceux émergents provenant du Japon, de la Finlande et de la Suède. »
AM a également eu la chance de rencontrer les créateurs Pierre Legal et André Dubreuil ainsi que l’italien baroque Pucci de Rossi. Rencontres et influences qui expliquent en partie la forte présence de mobilier design dans sa collection actuelle.
La création contemporaine.
« Il est essentiel de vivre avec son temps. Et cela vaut plus que jamais dans l’art. Acheter des oeuvres contemporaines, c’est investir dans le futur, pour nos enfants. Laisser les artistes s’exprimer avec leur temps est fondamental dans une société.»
Et de citer en exemple, la Pyramide du Louvres et les colonnes de Buren. AM fustige les détracteurs de ces projets qui auraient préféré déplacer des vieilles pierres. « Il faut comprendre que les architectes actuels ne peuvent pas construire comme au XVIIIe s. Voyez le succès de la Tour Eiffel, sa conservation est le fruit de la lutte contre vents et marées (ndlr : initialement, le monument était provisoire pour l’Exposition universelle de 1932) de quelques hurluberlus. Et maintenant c’est le symbole de la France ! »
Quant au marché de l’art contemporain actuel, le constat est évident: le niveau de vie d’une certaine frange de la population ayant augmenté, l’achat d’une œuvre d’art voire les placements dans ce secteur sont devenus monnaie courante, de la même façon que l’on achète une Ferrari, c’est une façon de se distinguer. Mais le risque est grand, il faut en avoir conscience.
On ne peut que ressortir ébloui de la demeure de AM, lieu d’exposition ou lieu d’habitation? Parmi les plus belles œuvres contemporaines présentées, un meuble de André Dubreuil (ci-contre). Artiste vénéré, AM dit de sa rencontre avec l’artiste à Toulouse en 1993, « cela a été une très grande rencontre. Une amie me l’a présenté, et je n’en croyais pas mes yeux, je ne savais pas quoi dire. Le maître était là. » Une bibliothèque du japonais Toyo Ito (ci-dessus), des œuvres de Ettore Sottsass, des peintures de Claude Viallat et Klaus Jürgen-Fischer sont quelques-uns des magnifiques objets de la collection actuelle de AM.
Mais aussi Marc Newson, Ron Arad, les noms des artistes contemporains les plus talentueux affluents dans le discours de AM, « même si il est difficile de se les permettre ».
Suivez le parcours de AM sur artloving.com...la suite la semaine prochaine.
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vendredi, 04 juillet 2008
Un collectionneur de l'ombre (3)
Lisez la partie précédente de l'article dédié à AM ici.
La céramique contemporaine.
AM est un ardent défenseur de la céramique, il parle avec détermination des artistes céramistes, méconnus du grand public et néanmoins produisant des œuvres de qualité, à des prix très abordables au commun des mortels (entre 600€ et 1.000€ pour une œuvre originale).
Preuve en est, cette céramique de Kristin Mac Kirdy (ci-dessus) « mon œuvre préférée» dont il se séparerait difficilement. « Bernard Dejonghe surnommé "le capteur de lumière", Pierre Bayle, Kristin Mac Kirdy, Ursula Morley-Price, Claudi Casanovas sont parmi les plus grands céramistes actuels ».
Et de s’interroger sur le fait que les galeries spécialisées en province traversent – actuellement – une période difficile, alors que la production de céramique est abondante et provient du monde entier notamment d’Angleterre et de Suède.
Le problème vient du fait que l’intérêt du grand public vient souvent trop tard, lorsque les artistes sont encensés et font des côtes inaccessibles et les gens achètent alors plus facilement des retirages.
« Au delà de la céramique, les œuvres des génies tels que Le Corbusier, Ludwig Mies van der Rohe ou Robert Mallet Stevens ont été réédités, mais il faut savoir que le prix de ces meubles sont équivalents à ceux d’œuvres contemporaines originales! Le problème réside dans le fait que le public confond art et décoration, œuvre originale et copie et n’a pas conscience qu’existent de vrais chefs d’œuvre d’art contemporain accessibles. »
Suivez le parcours de AM sur artloving.com...la suite la semaine prochaine.
12:05 Publié dans Architecture & Design, Art Contemporain, Vie d'un collectionneur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note











