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vendredi, 23 mai 2008
Peintures européennes durant le Siècle d'Or

Type : Collection permanente, premier étage
Lieu : MUSÉE DU PRADO, MADRID
on ne peux pas dire que les peintres français ont la côte au Prado. exposés dans deux petites salles au bout de l'aile Ouest...en revanche on ne pourra pas discuter la qualité des oeuvres en question. Philippe IV, monarque espagnol du XVIIè s., immense mécène de son époque, appréciait particulièrement Claude Le Lorrain, paysagiste classique et Simon Vouet, peintre baroque à la cour de Louis XIII. Nicolas Poussin est présent avec notamment Le Parnasse ou on admire les muses d'Apollon (quel veinard!). on note que les coloris intenses de l'oeuvre rappelle l'influence du Titien.
continuons dans l'art du XVIIè s. mais du côté des italiens...ah! la peinture baroque italienne! ces clairs-obscurs du Caravaggio (David et Goliath), ces thèmes classiques audacieusement peints tel La Vierge à la chaise de Guido Reni où l'enfant Jésus, en posture debout aux pieds de la Vierge, regarde de face l'observateur, et le naturalisme des oeuvres de le Guerchin.
Il y a également L'offrande à Vénus, de Titien, qui regorgent de chérubins angéliques; la sensualité de l'orgie représentée dans la Bacchanale...les italiens avaient vraiment le sens de la fête.
passons maintenant au dramatique exacerbé des spiritualités nordique et espagnole.
sachant que les espagnols ont dominé les Pays-Bas entre le XVIè. et le XVIIIè s., nous retrouvons au Prado des artistes flamands les plus connus que sont, pour le XVIIè s., Pierre-Paul Rubens, Antoine Van Dyck et Jacob Jordaens, ainsi que Jan Bruegel dit de velours. Ce dernier nous délecte de sa série de tableaux dédiée aux sens: la vue, tableau regorgeant lui-même de tableaux et sculptures; l'ouïe avec tous les instruments de musique représentés; l'odorat et sa profusion de fleurs délicates et enfin le goût, avec quantités de mets (qui donnent d'ailleurs l'eau à la bouche). Le détaillisme, caractéristique des flamands, est poignant, c'est un vrai bonheur pour les yeux et on se prend au jeu d'identification des détails curieux.
enfin et bien sûr les oeuvres clés de Rubens telles les Trois Grâces, pour l'anecdote...la Grâce de gauche est inspirée de la très jeune femme (16 ans) du peintre alors qu'il en avait...60!
à voir aussi, quelques oeuvres du maître hollandais Rembrandt dont la majestueuse et tragique (elle s'apprête à boire du poison) Artemisia.
venons-en aux espagnols...il s'agit tout de même...de leur musée! bénéficiant des salles les plus amples et majestueuses, on retrouve les fameuses Ménines de Diego Vélasquez, il y a quelques années de cela, les américains proposèrent un chèque en blanc (!) aux espagnols pour acheter le tableau...ils eurent droit à un refus catégorique.
le changement des thèmes par rapport à l'art italien et flamand est assez flagrant. Vélasquez ne raffolait pas du sacré et lui préférait de toute évidence l'humanisme des portraits (très variés: nobles, nains, fous...), les natures mortes, et aussi bien sûr ces oeuvres sur la mythologie.
Néanmoins, l'époque du baroque espagnol n'en reste pas moins celle de la Contre-Réforme, et les thèmes de José de Ribera, Bartolomé Esteban Murillo, Francisco de Zurbarán et Alonso Cano étaient souvent très religieux, pompeux dans leur décoration et exagérés dans leur mouvement.
A ne pas rater aussi, la sculpture de l'Hermaphrodite de Matteo Bonarelli de Lucca, reproduction de celle du Louvres mais d'une qualité exceptionnelle, d'aucuns disent même qu'elle serait de plus grande qualité.
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lundi, 05 mai 2008
Mucha - L'Art de l'affiche selon Mucha

l'exposition "Alphonse Mucha, Séduction, Modernité et Utopie", présentée à Caixa Forum (dernier venu des hauts lieux artistiques madrilènes) est tout simplement incontournable. il est en effet, assez rare qu'un évènement artistique allie, tel que celui-ci, la profusion d'oeuvres d'importance, la qualité de l'organisation, la finesse du décor et l'agréable atmosphère du lieu.
il faut dire que l'univers de Mucha est riche en iconographie féminine. la femme est partout, et sublimement dessinée, elle est Actrice d'une part, telle Sarah Bernhardt, actrice reconnue du début du XXè. s. et qui fût le plus grand mécène de l'artiste (elle lancera sa carrière en lui commandant de nombreuses affiches théâtrales); la Femme selon Mucha se fait symbole d’autre part dans les séries d’affiches telles que "La musique, la poésie, le chant, la danse" ou "Printemps, Été, Automne, Hiver", "Brune, Blonde", "Les fleurs" et tant d'autres.
L’omniprésence des fleurs aussi. Roses, iris, œillets, lys, elles enrichissent les œuvres de leurs pétales, tiges, ramifications…et dénote l'influence japonisante caractéristique du mouvement Art Nouveau, dont Mucha fut un des représentants les plus importants.
oui, Mucha est connu pour ses affiches publicitaires: papier à cigarettes JOB, bicyclettes, biscuits Lefèvre,…certes. Mais il est important de dire qu’avant lui, les affiches étaient celles de "La Tournée du Chat noir" et "La Goulue"...et là on réalise ô combien il aura apporté en finesse à cet art, avec ce souci du détail; ces innovations chromatiques avec l’introduction de l'argenté ; enfin en stylisant les figures par leur allongement.
tout au long de sa carrière, ce moldave de naissance a également réalisé des toiles monumentales telles que celles de l'Epopée slave, son oeuvre majeure, puis des décors de théâtre et de magasins (le German Theatre à New-York, la bijouterie Fouquet's à Paris) et aussi le pavillon de la Bosnie-Herzégovine lors de l'exposition internationale de Paris. Mais la reconnaissance populaire lui viendra des Etats-Unis.
enfin pour couronner le tout, la façon dont le parcours du visiteur est organisé est incroyablement ingénieuse dans le sens qu'elle est créatrice d'ambiance et esthétiquement chaleureuse. on prend du plaisir à suivre les oeuvres le long des murs pastels en demi-cercles, à entrer dans les petites sales rondes telles des "boudoirs" qui crée une vraie intimité avec les oeuvres.
l'exposition est superbe, toutes nos félicitations à Alex Mitrani, commissaire de l'exposition ainsi qu'à la Fondation Mucha, dirigée par John Mucha, le petit-fils de l'artiste.
Un conseil: amenez-y vos enfants, ils vont adorer cet artiste, qui dès son plus jeune âge aimait tant dessiner qu'il se promenait un crayon attaché autour du cou...
Événement : ALFONS MUCHA (1860-1939), SEDUCCION, MODERNIDAD Y UTOPIA
Type : Exposition en accès libre
Lieu : CAIXAFORUM, MADRID
Dates : 30 avril au 31 août
22:15 Publié dans Art Nouveau | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

