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lundi, 30 juin 2008
Gustav Klimt - la force de l'amitié
Exposition "Gustav Klimt : The Ronald S. Lauder and Serge Sabarsky collections" à la Neue Galerie
Serge Sabarsky et Ronald S. Lauder, respectivement marchand d'art et homme d'affaires richissime, furent amis pendant plus de 30 ans et partagèrent la même passion pour l'art allemand et autrichien du début du XXè. s.
La Neue Gallerie à New-York (il y en a également une en Autriche) est le fruit de cette amitié et dans cette superbe maison noble (construite au début du siècle dernier) de la très chic cinquième avenue, à quelques pas du Metropolitan Museum of Art, est exposée actuellement une sélection de peintures, dessins, frises du peintre viennois, Gustav Klimt (1862-1918).
Gustav Klimt fut au début de sa carrière un peintre public, de l'"establishment" qui lui valurent de nombreuses commandes prestigieuses de l'État. Cette période dura jusqu'en 1897, date de fondation du mouvement de la Sécession Viennoise, très controversé car allant à l'encontre des règles académiques de l'époque.
Les quelques tableaux présentés sont exceptionnels: des paysages qui témoignent de l'immense influence de l'impressionnisme français, des portraits de femmes puisque elles seront LE sujet par excellence de Gustav Klimt.
Les deux portraits dont nous nous souviendrons sont La Danseuse (ci-contre), portrait posthume d'une jeune femme, dont la finesse et la grâce forcent l'admiration; mais c'est surtout le Portrait d' Adele Bloch-Bauer I qui retiendra notre attention.
Le tableau est fait dans le plus beau "style doré" de Klimt (il est d'ailleurs réalisé à base d'or véritable), et renvois aux anciennes icônes chrétiennes de Madone, les motifs de la robe, les détails du visage et des mains sont d'une noblesse incroyable, ce que nous avons sous les yeux est un véritable chef d'œuvre.L'exposition présente également beaucoup de dessins préparatoires de l'artiste (on reste un peu sur notre faim de ne pas pouvoir voir les peintures finales), la reproduction de son atelier, très ordonné, mobilier sobre, tiens...un squelette suspendu dans le coin (Klimt était fasciné par la vie et la mort).
Et les fameuses frises (mais ce sont des reproductions en héliogravure), celle de Beethoven et Philosophy, très socialement critiquées à l'époque à Vienne mais qui seront reconnues en France au même moment. Ci-contre, trois figures de la frise Beethoven représentant le désir, l'impureté et l'excès.Prochaine exposition: Moore in America au Jardin Botanique de New-York.
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dimanche, 29 juin 2008
Un collectionneur de l'ombre (2)

Lisez la première partie de l'article dédié à AM ici
La collection de verres : de l’Art Nouveau à l’Art Déco.
La collection de verre de AM atteignit les cent cinquante pièces, puis, il se tourna vers les verres soufflés et les marqueteries, tirés à moins grand exemplaire. Les verres de Gallé, les Frères Daum, René Lalique, Amalric Walter, Gabriel Argy-Rousseau, Charles Schneider, aucun artiste à cette époque n’échappe à AM qui se documente, rencontre les marchands d’art et s’ouvre à l’international. AM se souvient aussi des « vases parlants » (vases gravés de références poétiques) et des « vases artistiques », mais qui déjà à l’époque coûtaient très cher et qui sont aujourd’hui inaccessibles, puisque ce sont des grands collectionneurs ou des musées étrangers japonais et américains qui ont mis la main dessus.
L’Art Déco.
Puis, dans la logique d’un caractère entier, arrive le moment de passer à autre chose, à une autre époque. AM revend alors sa collection d’Art Nouveau pour pouvoir se consacrer à l’Art Déco. Influencé par le cubisme et le Bauhaus (mouvement clé de l'art européen de l'entre-deux-guerres mené par l’allemand Walter Gropius), l’Art Déco fût un changement radical par rapport au style « nouille », très floral, et profondément influencé par la nature de l’Art Nouveau.
Mais à cette époque, l’Art Déco est déjà très prisé avec notamment des artistes ébénistes de renommée internationale tels que Jacques-Emile Ruhlmann, Eugène Printz, Pierre Chareau, Armand-Albert Rateau ou encore Paul Dupré-Lafon. AM se souvient alors avoir acheté des belles pièces à la hauteur de ses moyens mais qui néanmoins ne représentaient pas l’élite des artistes de cette époque là.
Suivez le parcours de AM sur artloving.com...la suite la semaine prochaine.
23:35 Publié dans Architecture & Design, Art Contemporain, Vie d'un collectionneur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Olafur Eliasson - Percevoir, sentir, percevoir, sentir...
On entend beaucoup parler en ce moment des cinq chutes d'eau qu' Olafur Eliasson a conçu pour la ville de New-York cet été 2008. Mais cet artiste danois expose également au Museum of Modern Art de New-York, il s'agit de l'exposition « Olafur Elliasson: Take your time ».
Pas de peintures ni de sculptures ici, mais uniquement des montages, des mini-performances destinés à nous faire « percevoir la perception » que nous avons des choses et de notre subjectivité. Comment y arrive t-il? Tout simplement en intégrant le visiteur dans ses œuvres. Ces dernières ne seraient rien sans un spectateur qui les expérimentent.
Quelques exemples: dans une des salles les plus hautes et grandes du MoMA, un ventilateur suspendu à un fil immense accroché au plafond, bouge dans la salle, fait des cercles, des aller-retour, il n'a de cesse de tourner, se mouver de façon totalement changeante. Si on se met dessous, on a peur qu'il nous touche, on baisse la tête. Sauf les enfants qui eux, essaient de l'attraper et courent après. Question de perception? Oui, certainement.
Une autre salle, tout en longueur type couloir, est exclusivement composée de néons jaunes accrochés au plafond, le monde semble changer dans cette pièce. Tout le monde est de la même couleur, tout le monde voit la même teinte partout. C'est fascinant.
Autre montage assez impactant, en entrant dans une grande salle vide, on s'aperçoit qu'un pan entier de mur est entièrement recouvert d'une sorte de fourrure marron clair, cette dernière déborde sur le sol en bas. C'est inquiétant. Très inquiétant. On s'approche prudemment, et c'est de la mousse naturelle! Qui est un peu passée, un peu séchée, légèrement odorante. Vraiment bizarre. On ne s'attarde pas. On ne sait jamais, on pourrait être recouvert.
Viennent tous les montages basés sur l'image, le reflet avec des miroirs, des espaces confinés ou l'on se retrouve reflété à l'infini, ou l'on se voit soi-même. Des jeux de phénomènes optiques très intéressants.
On comprend mieux maintenant le nom de l'exposition : « Prendre son temps », il faut effectivement le prendre ici pour percevoir, sentir toutes ces choses que l'on ne ressentirait pas ailleurs, car Olafur Eliasson est un artiste vraiment ingénieux et unique en son genre.
Prochaine visite: Exposition "Gustav Klimt : The Ronald S. Lauder and Serge Sabarsky collections" à la Neue Galerie
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samedi, 28 juin 2008
Le New Museum: un musée tout beau, tout neuf...hell, yes!
De prime abord, le New Museum dans le East Village de Manhattan fait tâche. Tout autour du bâtiment, des magasins d'équipements de cuisine...une chaussée défoncée en travaux...aucun doute, le quartier est en pleine refonte et cette institution en est la preuve. Architecture réalisée par le cabinet Sejima + Nishizawa/SANAA (japonais, on l'aura deviné), le bâtiment se compose de sept cubes gris clair superposés les uns sur les autres mais chacun sur un axe différent, avec un petit slogan type manga qui dit "hell, yes!". Personnellement, j'ai trouvé l'anachronisme crée
absolument génial. Il faut quand même avoir du toupet, et les new-yorkais n'ont pas froid aux yeux. Le dernier étage, un grand espace blanc, offre une vue imprenable sur Manhattan. Mais passons aux trésors cachés derrière ses murs. Pas de collection permanente pour ce musée qui a ouvert ses portes en décembre 2007, exclusivement dédié à l'art contemporain, qui peux néanmoins accueillir plus de cinq expositions simultanées, chacune occupant l'intégralité d'un étage (qui correspond à un des sept cubes). Ici l'art est à proximité du visiteur, pas de barrière devant les œuvres, on est même tenté de les toucher.
Petit briefing sur les expos actuelles:
> Double album: Daniel Guzmán and Steven Shearer expose en parallèle les travaux de deux artistes, un mexicain, Daniel Guzmán et un canadien, Steven Shearer, sur le thème du monde masculin du rock'n'roll et autres sous-cultures populaires des années 70 et 80. D'un côté, Daniel Guzmán reconnu comme dessinateur présente ici des montages: assemblages de photos, dessins, gravures mais aussi des vidéos telles « New-York Groove ». Une des œuvres impactantes: un amoncellement sur une bâche bleue en plastique de cassettes audio avec planté au milieu un panneau « Solo lo falso permanece » (Seul le faux perdure). D'autres montages sont un peu plus difficiles à appréhender, tel « Trois sacs en plastique et six papiers en triangle » (description littérale). Les grands panneaux d'impression digitale de Steven Shearer de photos trouvées sur internet sur des scènes de vie d'un homme des années 70 ou de l'icône adolescente de l'époque Leif Garrett (jeune homme blond pré pubère au visage angélique) nous rapellent que l'un des objectifs du musée est de présenter de nouvelles formes d'art. Enfin, cette série de peintures, portrait d'êtres chevelus des années rock, perdus dans des paysages incertains, font référence aux thématiques symbolistes (l’attente d'on ne sait quoi, la mélancolie) et utilisent les couleurs propres à ce mouvement.
> Paul Chan, The 7 Lights, première américaine de cet artiste new-yorkais dont les œuvres consistent en des projections de vidéos numériques sur le sol, les murs, les coins de mur et qui jouent du contraste lumière-ombre, chaque vidéo (durée: 40 minutes) commencent avec des fonds de couleurs claires (bleu ciel, rose clair, jaune) et s'obscurcissent au fur et à mesure que l'on voit des ombres d'objets identifiés (portables, vélo) ou non, d'humains en chute libre (référence aux ombres de la cave de Platon). Ces montages sont riches en références sur la fin du monde, les guerres et la religion et forçent le questionnement.
> Tomma Abts , intéressante exposition d'œuvres abstraites dont l'exposition judicieuse confronte la hauteur du plafond de la salle (le plus élevé du musée) à la petite taille des œuvres: 60 cm de hauteur maximum et 50 cm de large (toutes de taille identique). Saturés de couleurs (on note l'épaisseur de la couche de peinture sur la toile), jouant avec les ombres et les formes géométriques, ces tableaux sont fascinants par la curiosité qu'ils éveillent sur les intentions de l'artiste et les éléments cachés du tableau.
Prochaine visite: Exposition "Olafur Elliasson: Take your time" au MoMA
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vendredi, 27 juin 2008
Du Cool Art à l'Université de New-York
La New York Grey Art Gallery située sur Washington Square est l'héritière du Musée d'art vivant (Museum of Living Art) qui fut le premier musée américain à collectionner et exposer les œuvres de Picasso, Georges Braque, Paul Klee. Elle se veut toujours innovante dans ses choix de thèmes d'expositions. La dernière en date s'intitule “New York Cool: Painting and Sculpture from the NYU Art Collection” et présente les travaux d'artistes maintenant reconnus réalisés durant les années 50 et 60.
Cette période clé dans l'histoire artistique new-yorkaise, correspond à l'essor de la culture underground. A l'époque, tout se passait à Greenwich Village et Soho, quartiers regorgeant d'ateliers, de studios et d'entrepôts, berceaux de la créativité du moment.
Situé entre l'apogée de l'expressionnisme abstrait (Jackson Pollock, Robert Rauschenberg, Mark Rothko) et l'essor du Pop-Art, ce mouvement artistique essaie de concilier la sensibilité personnelle de l'artiste à l'impersonnel du style géométrique. Autrement dit les compositions sont souvent abstraites mais on note un effort de figuration.
Par exemple, Kenneth Noland dépose directement des pigments de couleurs sur la toile crue, cela donne des effets très abstraits mais aussi un aspect vivant et lumineux. Les œuvres de Miriam Schapiro sont aussi exceptionnelles. Artiste féministe, elle réalise des séries de peintures géométriques abstraites qui pourrait être assez froides si ce n'était la présence récurrente du doré, couleur à caractère “sacré” qui personnalise la peinture. Une de mes préférées, et je n'ai (bien entendu...) pas noté le nom de l'artiste, est celle d'une toile, fond plutôt beige foncé, avec des motifs à la Mondrian et déformée au point qu'elle ressemblait à un chiffon suspendu. Fascinant tant sur le fond (l'idée de familiarisation de l'abstraction géométrique en en faisant un torchon) que sur la forme (la pièce a un aspect brillant et bien figé, cela lui donne le caractère d'une oeuvre d'art néanmoins).
Willem de Kooning, Ilya Bolotowski, Tony Rosenthal, Robert Rauschenberg et tant d'autres rendent à travers cette exposition, organisée par Pepe Karmel, professeur d'histoire de l'art à NYU, écrivain et critique d'art, un hommage justifié au “Cool Art”.
Prochaine visite: le New Museum dans le East Side, musée exclusivement dédiée à l'art actuel.
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jeudi, 26 juin 2008
Premiers jours à New-York...le hasard et ses découvertes...
Entre l'anxiété de la recherche d'une collocation (ça y est, j'ai déjà trouvé, une chambrette adorable et abordable à Williamsburg, Brooklyn, THE cheap place to be pour les jeunes artistes), le décalage horaire (je m'endors à 20h et me réveille à 5h...), le choc de la ville (c'est tout simplement immense), il m'a été difficile de rentrer dans un musée ou une galerie durant ces premiers jours. Néanmoins, New-York est réellement pleine de surprise, ce n'est pas une légende. J'ai donc pu faire quelques mini-découvertes...
La première fût lorsque je me rendis au deuxième étage du Galerie Building sur la 57ème rue entre la 5ème et la 6ème avenue après que l'on m'ait dit à l'office du tourisme que l'équivalent américain de « l' Officiel des galeries », le « Gallery Guide » se trouvait à cette adresse. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, il donnait tout simplement directement dans une magnifique galerie d'art, hauts plafonds, murs blancs lumineux, baie vitrée du sol au plafond laissant généreusement entrer le soleil et donnant vie à de grands tableaux d'art contemporain, plutôt style expressionnisme abstrait (LE mouvement artistique américain par excellence) et aussi géométrisme à la Vassarely. La galeriste n'était pas très avenante, mais peu importe, j'avais eu mon moment artistique.
La seconde, autour de Washington Square, un restaurant italien assez authentique, Caffe' pane e cioccolato classique légèrement délabré, on aurait pu être à Rome...si ce n'est les énormes luminaires suspendus au plafond, trois lourdes structures en métal, dont les branches s'entrelacent et auquelles sont suspendues des lampes colorées façon vitrail. Apparemment, l'artiste est un mexicain Gianfranco Langatta.
La troisième, au détour d'une rue, une vitrine, la Broadway Window de l'Université de New-York (Steinhardt school) et les oeuvres de Michael Whitney exposées, toutes 
des sculptures faites avec des échelles, en forme d'etoiles, en zig-zag appuyés contre le mur. Le titre? Climbing, qui veut dire Escalader.
Et enfin, juste avant Aston place, sur la 7ème avenue, un quartier d'antiquaires.
Pas aussi soignées que ceux de chez nous, ces boutiques auraient pu être, si ce n'était le beau mobilier exposé, à des trocs. Un peu dommage mais tellement loufoque. Regardez la vitrine du magasin "Turbulence"! Un escalier au premier plan! Ouf. Première journée écoulée. Plusieurs kilomètres dans les pattes. Demain, j'irai à la Grey Art NYU Gallery, une exposition appelée « New York Cool: Painting and sculpture from the NYU Collection », l'art de l'époque underground des années 50-60.
18:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 24 juin 2008
Changement de vie
Comment décrire mes premiers jours à New-York City? Difficile...en effet, je ne suis pas dans la Grande Pomme en touriste (enfin un peu si...), je n'y suis pas non plus pour travailler (enfin un peu si, aussi), ni de passage (bon ça, le temps le dira)..mais alors, que fais-je ici par toutatis??
Ayant récemment pris la décision de changer de carrière professionnelle et de tenter ma chance dans l'Art, j'ai donc quitté l'Espagne ou je vivais depuis quatre ans et travaillais en agence marketing interactive.
Mon nouveau plan de carrière? Acquérir une solide culture en visitant expositions et musées (New-York, Washington, Boston, Philadelphia en juillet, mais aussi Los Angeles, San Fransisco, Seattle en Août...); décrocher un Certificat Professionnel en Administration d'Art à l'Université de New-York (retour sur les bancs de l'école en Septembre), et enfin, chercher un emploi dans une institution culturelle, galerie d'art, musées.
Durée de la mission: 6 mois.
Ready?...alors...c'est parti!
20:40 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
samedi, 21 juin 2008
Un collectionneur de l’ombre (1)

«Le collectionneur est un créateur essayant de bâtir un tout cohérent et par là capable de faire oeuvre originale. »
François Pinault, Bernard Arnault, Eli Broad, Alfred Gunzenhauser, Carlos Slim Helu. Ces noms vous disent quelque chose, vous sont familiers….Il s’agit de quelques-uns des plus grands collectionneurs d’art du XXe s. Certains inaugurent des Fondations hors du commun (François Pinault au Palazzo Grassi à Venise en 2006), d’autres font des donations record aux musées (150 millions d’euros pour la création d’un musée Gunzenhauser en ex-RDA)…Mais ces milliardaires philanthropes ne représentent que la partie émergée de l’iceberg.
Derrière eux, dans l’ombre des médias, existent des collectionneurs passionnés, mais néanmoins plus discrets. Ce sont eux qui font vivre jour après jour le marché de l’art.
J’ai eu la chance de rencontrer l’un d’entre eux. Depuis 30 ans maintenant, l’amour du Beau et la soif de découverte anime AM. À l’instar des mécènes précédemment cités, AM recherche et collectionne en permanence œuvres et objets d’art qui le touchent et le fascinent.
La première révélation artistique.
1973. Une galerie d’art parisienne. En vitrine, un vase d’Émile Gallé, jaune orangé, sculpté dans la masse. Séduit, AM attendra deux ans avant d’acquérir sa première œuvre. Est-ce une coïncidence si déjà enfant, AM, fasciné par leur luminosité, collectionnait consciencieusement les billes en verre?
1975. C’est à 24 ans, rue des Couteliers à Toulouse, que AM achète, à crédit, sa première œuvre : un vase décor vaugien* du Maître, Emile Gallé (1846-1904). « C’était un grand vase assez fade. Quand on évolue, on le voit. » S’en suit une passion sans bornes pour la verrerie de Lorraine des années 1900, puisque souligne AM « le but du collectionneur, c’est l’unité. »
Évidemment, le meuble baroque de André Dubreuil qui trône actuellement dans son salon dénote un profond changement avec le style Art Nouveau de ses débuts. En effet, explique AM « depuis 30 ans, j’épure et affine mon goût. J’ai aimé aller au bout de certaines périodes artistiques et passer à autre chose. Aujourd’hui par exemple, il est très important d’ « acheter » son époque. »
* C’était un vase une étoile, c’est-à-dire fait après la mort de Gallé. En effet, après sa mort, les usines Gallé (qui comptaient 150 ouvriers artisans) continuaient à produire des verres, à base des dessins du Maître.
Suivez le parcours de AM sur artloving.com...la suite la semaine prochaine.
10:40 Publié dans Architecture & Design, Art Contemporain, Vie d'un collectionneur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 06 juin 2008
une vue à 360 degrés de l'histoire de l'art

Type : Collection permanente
Lieu : MUSÉE THYSSEN-BORNEMISZA, MADRID
baron, baronne Thyssen-Bornemisza...veuillez m'excuser mais je n'ai pas eu le courage de commencer depuis le début, la visite de votre collection...j'ai eu le mauvais goût de zapper les oeuvres de la Renaissance et du Classicisme. il faut dire que le musée du Prado m'avait donné pleine satisfaction à ce sujet. mais cela n'est pas une excuse, j'en conviens.
et puis votre collection est si connue pour ses oeuvres expressionnistes, que je n'ai pas pu attendre!!
j'ai néanmoins commencé par les peintures du XVIIIè. s., sur lesquelles on peut observer une nouvelle société se faisant jour à l' époque, je parle bien sûr de la bourgeoisie et donc du mouvement rococo. Qu'elle est joliment représentée la frivolité dans les oeuvres d'Antoine Watteau (ah ces fêtes galantes!), François Boucher, Jean-Honoré Fragonard (ah! ces drapés, cette texture poudreuse, ces joues délicatement rosées, quel bonheur). Ci-contre La balançoire de Fragonard.le plaisir est amplifié grâce à l'exposition des oeuvres: elles sont à hauteur d'hommes, à taille humaine (au Prado, leur immensité crée nécessairement une distance), on peut s'approcher, se délecter de tous les détails.
le premier clou du spectacle, ce sont les impressionnistes exposés, leurs précurseurs (Courbet, Manet) et leurs successeurs (Van Gogh). peinture réactionnaire à l'académisme
ambiant de la fin du XIX è s., les impressionnistes peignaient des scènes de café, de cabarets, de maisons de tolérance, bref ils aimaient représenter la réalité de la vie moderne de l'époque. La rue Saint-Honoré après midi. Effet de pluie. de Camille Pissaro, ci-contre, est tout simplement saisissant de réalité, la Danseuse basculant de Edgar Degas, si délicatement penchée qu' on en retient son souffle. le second clou du spectacle, ce sont les expressionnistes. la collection Thyssen en est riche, les quatre expressionnistes allemands les plus reconnus sont présents Egon Schiele, Ernst Ludwig Kirchner (voir le fascinant Fanzine devant une chaise sculptée), Erich Heckel et Emil Nolde. sur ces oeuvres, les couleurs se confrontent mais demeurent harmonieuses et on sent l'influence du primitivisme. viennent ensuite les peintres allemands de la Nouvelle Objectivité (réalisme et satyrisme), Otto Dix, George Grosz, dont l'art fut à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale, qualifié de dégénéré et qui furent interdits d'exposition. raison pour laquelle ils migrèrent aux Etats-Unis.
enfin, la collection s'achève avec un magnifique ensemble de peintures des avant-gardes expérimentales du XXè s., elles y sont toutes, cubisme, futurisme, dadaïsme, rayonisme, suprématisme...elles y sont toutes!! la peinture qui se libère de toute contrainte matérielle et de tout académisme. quelques oeuvres particulièrement marquantes? Peinture avec trois tâches de Vassily Kandinsky, Vert sur mauve de Rothko...mais ceci est très personnel.
10:40 Publié dans Art Contemporain, Art du XVIIIè. s., Art Moderne, Expressionisme, Impressionisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







