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samedi, 20 septembre 2008
The Jewish Museum - Action/Abstraction, Artiste/Critique ou les débuts de l'Art Américain
C'est une belle analyse du mouvement artistique américain après-guerre que fût l'expressionisme abstrait que nous délivre l'exposition Action/Abstraction: Pollock, deKooning, and American Art, 1940-1976 au Jewish Museum. Pourquoi le Jewish Museum se penche sur ce mouvement? Les deux critiques d'art majeurs de l'époque étaient juifs: Clément Greenberg (1909-1994) ci-contre à gauche et Harold
Rosenberg (1906-1978) ci-contre à droite.Ils furent essentiels à la compréhension par le grand public de cet art complexe dont la figuration est la plupart du temps totalement absente, et participèrent à l'élevation de New-York au rang de mecca artistique, remplaçant de ce fait, Paris.
Les débats que les deux intellectuels entretenaient par journaux interposés reposaient sur deux idées bien différentes de l'art: Greenberg d'un côté croyait en l'abstraction et la pureté formelle de l'objet d'art, il soutenait par exemple l'artiste Jackson Pollock (Convergence, 1952, ci-contre à gauche) dont les toiles abstraites avaient pour caractéristiques principales une absence totale de profondeur et une unité d'ensemble sur grands formats.
Rosenberg d'un autre côté promouvait l'action c'est-à-dire l'acte physique de créer l'art, il voyait le canevas comme une arène dans laquelle s'exprimait pleinement l'artiste. William de Kooning (Gotham News, 1955, ci-contre à droite) était le modèle d'"action painter" de Rosenberg.Il est fascinant de voir deux petits films côte à côte montrant Pollock d'un côté et De Kooning de l'autre en train de peindre. Tandis que Pollock peint instinctivement avec des gestes brefs et rapides, sans trop - il semblerait - y réfléchir, De Kooning pose un coup de pinceau, recule de quelques mètres et observe longuement avant de reposer un autre coup de pinceau.
L'exposition est organisée par groupe d'artistes, le premier, vous l'aurez deviné est le duo Pollock et De Kooning avec des oeuvres caractéristiques de leur style mais aussi d'autres montrant les changements au long de leur carrière, comme par exemple un certain retour à la figuration de Pollock à la fin de sa carrière. Hans Hoffman (Sanctum Sanctorum, 1962, en-tête de l'article) et Ashile Gorky sont présents, venus d'Europe avec la forte influence du surréalisme. Un peu plus loin, une salle de sculptures avec David Smith (The Hero, 1952, ci-contre à gauche), que l'on retrouve souvent en Californie dans les jardins de sculptures (voir les albums photos à gauche) et un peu plus loin, Anthony Caro avec Twenty Four Hours (1961) qui expose actuellement à la galerie Daniel Templon à Paris.
On peux également admirer un style qui émergeât de l'expressionisme abstrait: le color-field painting, canevas abstraits principalement peints avec de grandes zones de couleur solide et dont un des principal représentant est Kenneth Noland (Whirl, 1960, ci-contre à droite), artiste que j'avais découvert lors de ma première visite à New-York à la Grey Art Gallery, l'idée est celle d'atteindre la nature essentielle de l'abstraction visuelle en effaçant tout marque individuelle en faveur de vastes zones colorées.
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