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samedi, 27 septembre 2008
Park Avenue Armory - Vive la Démocratie!
Un espace d'exposition alternatif en plein cœur de Manhattan....? est-ce possible? Le Park Avenue Armory pourrait être la preuve que oui...mais c'est oublier qu'il abrite aussi la Whitney Biennial tous les deux ans. Bref, passons.
Durant la semaine du 22 au 28 septembre, l'immense espace new-yorkais de 5000 m2 (vous avez bien lu) abrite à son tour (l'expo a fait une tournée d'un an aux States) Democracy in America: The National Campaign, plusieurs performances, sculptures, vidéos d'artistes qui nous donnent leur vision de la démocratie. En ces temps d'élections, l'évènement tombe à pic. Attention néanmoins, pas d'orientation politique particulière promue ici.
Dès l'entrée dans le bâtiment, sur fond de musique entrainante, le visiteur est sollicité pour faire son speech. Il est accompagné vers une installation, située dans le grand hall, qui consiste en plusieurs caisses à savons disposées sur le sol, autour desquelles se massent une foule de curieux et la performance consiste à monter sur une de ces caisses et à faire un speech sur n'importe quel sujet, micro en main, caméra braquée sur soi. Inutile de vous dire que les désistements sont nombreux. Mais ceux qui se lancent ont des choses intéressantes à dire, on parle de Gandhi et de la paix dans le monde, de la crise actuelle.
Il y a aussi cette installation qui regroupe une dizaine de mécanismes-robots qui manipulent des G.I Joe, l'un à la tête à l'envers et est immergé de pétrole, l'autre est traîné de façon circulaire sur le sol et cela lui donne un aspect de marionnette, et tout ces mécanismes sont pourvues de mini caméras qui filment de près le soldat et dont la vidéo est reproduite sur une dizaine d'écrans à côté. Cela entraîne inévitablement une réflexion sur la guerre, l'armée et sa médiatisation.
Le thème traité étant la démocratie, le visiteur est inévitablement engagé dans ces performances et à chaque instant, on réalise l'importance de notre propre vision et le fait que cela donne à l'œuvre toute sa dimension. Il y a cette estrade où l'on peux faire du karaoké. Je l'ai fais! Et nous avons chanté, tout émoustillés devant les spectateurs certainement intrigués sinon amusés par notre accent français, la chanson de Frank Sinatra "My way".
La critique est également présente ici avec un ensemble de vidéos documentaires sur certains régimes politiques totalitaires ou des crises sociales, l'un d'eux mettant en lumière les cartoneros d'Argentine, ces gens "normaux" qui après la crise traversée par le pays au début des années 2000, se sont retrouvés à la rue et collectant du carton dans les poubelles pour le vendre au recyclage.
On passe un vrai bon moment ici de simplicité, de collectivité et de partage, on erre dans les différents espaces, et on oublie presque que c'est la froide et élégante Park Avenue qui nous attend dehors.
NB: Toutes mes excuses aux artistes, je n'ai pu retrouver leurs noms associés aux oeuvres mentionnées ici.
08:28 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : park avenue armory, democracy show
vendredi, 26 septembre 2008
Bronx Museum - Depuis 1950...que s'est-il passé dans la rue?
Il faut aller au nord de Manhattan, tout tout en haut, dans le tristement connu (pour sa violence) quartier du Bronx (qui a d'ailleurs depuis, beaucoup changé) pour voir l'exposition "Street art, street life" au Bronx Museum.
Si vous vous attendez à voir des tags, graffitis, et autres formes d'expression urbaine clandestine...faites demi-tour, ce n'est pas ici que vous les trouverez. Par l'expression "Street art, street life", la commissaire d'exposition a voulu désigner plutôt comment l'art s'est exprimé dans la rue et comment la rue a influencé les formes d'expression. Il s'agit plus d'un retraçage historique de cette expression. Organisée chronologiquement, l'exposition commence par les années 50-60 avec essentiellement des photographies d'artistes aujourd'hui mondialement reconnus tel cette photo intitulée Gun de William Klein (en-tête de l'article), et le "reportage-mise en scène" de George Maciunas des premières performances fluxus plutôt saugrenus mais aussi amusantes (ci-contre à gauche), il y aussi les affiches lacérées de Jacques de la Villeglé et celles de son ami Raymond Hains.
On peux visualiser le film de John Lennon et Yoko Ono intitulé Rape où l'on y voit une jeune femme traquée par une caméra dans la rue puis chez elle...sorte de métaphore autobiographique. Pour clôturer cette période, un autre film qui montre la performance dans la rue de l'artiste autrichienne Valie Export (c'est son "nom de scène") durant laquelle cette dernière porte une sorte de carton sur le buste. Le côté du carton le plus exposé est entrouvert par une brèche et les passants sont invités à mettre les mains dedans et par conséquence...tripoter la jeune femme! et ce devant tout le monde et la caméra (ci-contre à droite). L'idée étant de mettre en scène la concupiscence masculine...
La période des années 70-80 est marquée par des oeuvres plutôt en relation avec l'environnement lui même de la rue. On remarque le reportage de la performance d'un an (c'était sa "spécialité") réalisée par l'artiste coréen Teh-Ching Hsieh (en couverture du Dvd, ci-contre à gauche) pour laquelle il est resté exclusivement en extérieur (dans New-York), c'est-à-dire qu'il s'est refusé à rentrer dans quelque intérieur que ce soit: édifice, voiture, métro...la seule exception: son sac de couchage! ben voyons. Et aussi la nuit passée au poste qu'il n'a certainement pas voulu. L'ensemble de textes et photographies de Sophie Calle qui s'est fait suivre durant une journée par un détective privé, qu'elle a elle même espionné, sans que lui même le sache. Bref, vous voyez, pleins de choses intéressantes, enrichissantes sur une époque et ce que les artistes faisaient de décalé en extérieur, tout en mettant en scène ce dernier.
Enfin, la dernière période, celles des années 90 à aujourd'hui est plus globale dans le sens ou c'est la rue en Afrique, au Japon, en Chine qui est mise en scène...à travers des photographies couleur grand format, des performances vidéos, des entretiens de gens dans la rue. L'artiste coréenne Kimsooja par exemple se filme de dos dans la rue (cheveux noirs attachés sobrement) et l'on peux voir tous les passants qui gravitent autour d'elle, interpellés par son immobilisme en contraste avec la rue qui grouille. Leurs réactions sont diverses. La performance s'appelle Needdle woman (La femme aiguille, ci-contre à gauche). L'art est ainsi moins mis en scène que les personnes elles-mêmes, serait-ce donc le bilan aujourd'hui? la rue "occidentale" serait-elle devenue tellement ennuyeuse avec ses magasins standardisés, ses restaurants bon chic bon genre que les artistes n'ont plus envie de s'y exprimer? C'est très possible...et cela ne nous surprendrait pas. 21:00 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bronx museum, street art, street life
mercredi, 24 septembre 2008
Austrian Cultural Forum - une collection socialement engagée
La collection d'Art du Erste Bank Group de Vienne est de façon surprenante - pour une banque - socialement et politiquement engagée. Preuve en est cette exposition au Austrian Cultural Forum de la production artistique venue des Pays de l'Est (Autriche, Bosnie Herzegovine, République Tchèque, Pologne, Slovaquie, Serbie, Croatie) depuis l'année charnière 1968 jusqu'à aujourd'hui.
L'Art y est majoritairement conceptuel et performer et évoque le thème des genres masculin et féminin et l'évolution du féminisme. Par exemple, l'artiste née à Sarajevo, Šejla Kamerić évoque par son portrait photographique Bosnian Girl, 2003 (ci-dessus en en-tête) la tragédie de Srebrenica et les préjugés des autres envers nous et les notres envers les autres.
Il y a également un mur de dessins de l'artiste autrichien Ulrike Lienbacher qui avec des lignes précises représente le corps de femmes dans des positions intimes: se lavant, se séchant les cheveux, en petite tenue. Ces corps souvent stéréotypés et dont le regard est absent, font référence aux valeurs de propreté et d'ordre existantes dans notre société en opposition à la saleté.
Enfin, il y a cette vidéo - pas forçémment très en rapport avec le reste de l'exposition - intitulée I'll be your angel de l'artiste Tanja Ostojić qui accompagne Mr. Szeemann dans Venise durant l'ouverture de la Biennale lors de dîners, cocktails et conférences de presse. Réflexion sur le pouvoir dans le monde de l'art, la vidéo nous montre aussi "l'attraction touristique, la fête financière du monde de l'art, la soupe intellectuelle" qu'est la Biennale de Venise.
Il est un peu complexe de comprendre et de s'imprégner totalement de l'idée autour de cette collection, ainsi que de tisser des liens entre les oeuvres, mais il est intéréssant de pouvoir, aux Etats-Unis, voir les travaux d'artistes venus de pays aux histoires sociales et politiques complexes et douloureuses.
11:26 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : austrian cultural forum, erste bank group art collection
lundi, 22 septembre 2008
Services culturels de l’Ambassade de France - Andrée Putman à l'honneur
C'est dans le hall d'entrée circulaire du bâtiment des Services culturels de l'Ambassade de France où commence l'exposition dédiée à Andrée Putman, une des plus importantes designer d'intérieur contemporain. Le majesteux hall d'entrée entièrement fait de marbre blanc avec colonnade et au centre, une statue d'un angelot attribuée à Michel-Ange, se prête très bien à l'exposition des quelques meubles présents. On peux y voir la valise Oceano (ci-contre à gauche), il s'agit d'un mini-placard de voyage dont les finitions sont parfaites et qui évoque les croisières transatlantique de début du XXè. s siècle. Des fauteuils dont le fameux Loveseat, une reproduction de salle de bain, le banc Elephant, tout respire la grande élégance, la classe, la beauté simple, éclatante, c'est vraiment un spectacle exceptionnel pour les yeux (vous direz sans doute que j'en fais un peu trop!).
L'exposition continue au deuxième étage avec dans la première grande pièce le piano Pleyel Voie Lactée créé par Andrée Putman. Je ne suis pas experte en piano mais celui-ci est vraiment sublime, avec des formes toutes en courbes, laqué noir brillant. La banquette de piano est une merveille: capitonnée en flanelle grise, boules en cristal pour le réglage. Le piano porte le nom de Voie Lactée car cette dernière est peinte à la main à l'intérieur du couvercle bleu nuit avec une constellation d'étoiles et les quatre points cardinaux. La série ilimitée est au prix de 89.000€ et la série limitée à 8 exemplaires numérotés, avec ajout de nacres incrustées, Corian noir et blanc, capitonnage de la banquette en crin de cheval est au prix de 200.000€.
La troisème pièce présente un mur de cadres photos numériques avec tous les designs d'intérieur réalisés par Andrée Putman, depuis son loft à Paris, jusqu'à l'hôtel Morgans à New-York (qui vient de re-ouvrir ses portes) en passant par l'Institut Guerlain sur les Champs-Elysées et diverses boutiques de luxe, on se délècte de tout ce raffinement. Au centre, une série d'objets de laquelle nous retiendrons la délicate chaise Bastide (ci-contre à gauche).
23:55 Publié dans Architecture & Design | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 septembre 2008
Bard Graduate Center - Thomas Hope ou le raffinement de la Régence Anglaise
Le Bard Graduate Center est l'école new-yorkaise des Arts Décoratifs, Design et Culture. L'institution dispose également d'une galerie ou sont organisées des expositions. À l'heure actuelle, c'est la période de la Régence anglaise (1810-1820) qui est mise à l'honneur, plus particulièrement les arts décoratifs dévelopés par Sir Thomas Hope, fils de banquier qui devint une des figures clés de l'époque. Le futur George IV était alors Prince Regent, son père George III étant atteint de folie, et la société se caractérisait par un immense raffinement dont Thomas Hope fût l'un des promoteurs les plus actifs.
Après avoir réalisé le traditionnel "Grand Tour" qui consistait pour les jeunes nobles à voyager en Europe et voir les merveilles de la Rome Antique et de l'Egypte entre autres, il revint en Angleterre et écrivit un livre de design intérieur Household furniture and interior decoration (voir un exemple de page ci-contre à gauche). Le style dépeint dans ce livre est élégant sans enlever une certaine dimension de confort, les objets exposés et leurs supports sont étroitement liés, les décorations, ornements et matériaux utilisés sont largement inspirés de l'Antiquité Romaine et Egyptienne.
L'exemple le plus flagrant est cet ensemble de deux chaises (ci-contre à droite) et un siège (ci-dessus, en en-tête) au style indéniablement égyptien en ébène noir, hêtre doré, soie damassée, une pure merveille. Les objets ici présentés meublaient la maison de Thomas Hope sur Duchess Street à Londres, ce dernier la faisait d'ailleurs visiter au public qui comprenait même le gratin royal.
Une série de dessins de grande qualité, par Thomas Hope lui-même durant son Grand Tour montre certaines architectures en Turquie et en Grèce. L'exposition est accompagnée de quelques peintures néo-classiques (mouvement actif en France à cette époque), certaines effectuées par les élèves de Jacques-Louis David. Il y a même un portrait de plein-pied du jeune noble en tenue traditionnelle turque! Mais le tableau qui fixa mon attention est L'épée de Damoclès (ci-contre à gauche, 1812) de Richard Westall R.A., scène représentant Damoclès, envieux de la richesse du Roi Dionysius II de Syracuse qui durant un jour, laissa sa place au jeune homme. À la fin de la journée et lors d'un fastueux banquet, ce dernier se rendît compte qu'une épée était suspendue par un fil au dessus de lui. Il rendit alors sa place au Roi en ne souhaitant plus jamais être aussi fortuné.
Enfin, on peux admirer d'autres meubles et objets tels cet ensemble de consoles aux supports en forme de panthère, ces chandeliers en bronze doré, il y a aussi du mobilier en mahogany et des aquarelles de la dernière maison de Thomas Hope dans le Surrey (ci-contre à droite), Deepdene ou les intérieurs et les jardins s'articulent harmonieusement. Cette exposition nous donne une vision restreinte mais efficace de cette époque durant laquelle la coupe du costume d'un homme était aussi importante que ses idées politiques.
16:25 Publié dans Architecture & Design | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 20 septembre 2008
The Jewish Museum - Action/Abstraction, Artiste/Critique ou les débuts de l'Art Américain
C'est une belle analyse du mouvement artistique américain après-guerre que fût l'expressionisme abstrait que nous délivre l'exposition Action/Abstraction: Pollock, deKooning, and American Art, 1940-1976 au Jewish Museum. Pourquoi le Jewish Museum se penche sur ce mouvement? Les deux critiques d'art majeurs de l'époque étaient juifs: Clément Greenberg (1909-1994) ci-contre à gauche et Harold
Rosenberg (1906-1978) ci-contre à droite.Ils furent essentiels à la compréhension par le grand public de cet art complexe dont la figuration est la plupart du temps totalement absente, et participèrent à l'élevation de New-York au rang de mecca artistique, remplaçant de ce fait, Paris.
Les débats que les deux intellectuels entretenaient par journaux interposés reposaient sur deux idées bien différentes de l'art: Greenberg d'un côté croyait en l'abstraction et la pureté formelle de l'objet d'art, il soutenait par exemple l'artiste Jackson Pollock (Convergence, 1952, ci-contre à gauche) dont les toiles abstraites avaient pour caractéristiques principales une absence totale de profondeur et une unité d'ensemble sur grands formats.
Rosenberg d'un autre côté promouvait l'action c'est-à-dire l'acte physique de créer l'art, il voyait le canevas comme une arène dans laquelle s'exprimait pleinement l'artiste. William de Kooning (Gotham News, 1955, ci-contre à droite) était le modèle d'"action painter" de Rosenberg.Il est fascinant de voir deux petits films côte à côte montrant Pollock d'un côté et De Kooning de l'autre en train de peindre. Tandis que Pollock peint instinctivement avec des gestes brefs et rapides, sans trop - il semblerait - y réfléchir, De Kooning pose un coup de pinceau, recule de quelques mètres et observe longuement avant de reposer un autre coup de pinceau.
L'exposition est organisée par groupe d'artistes, le premier, vous l'aurez deviné est le duo Pollock et De Kooning avec des oeuvres caractéristiques de leur style mais aussi d'autres montrant les changements au long de leur carrière, comme par exemple un certain retour à la figuration de Pollock à la fin de sa carrière. Hans Hoffman (Sanctum Sanctorum, 1962, en-tête de l'article) et Ashile Gorky sont présents, venus d'Europe avec la forte influence du surréalisme. Un peu plus loin, une salle de sculptures avec David Smith (The Hero, 1952, ci-contre à gauche), que l'on retrouve souvent en Californie dans les jardins de sculptures (voir les albums photos à gauche) et un peu plus loin, Anthony Caro avec Twenty Four Hours (1961) qui expose actuellement à la galerie Daniel Templon à Paris.
On peux également admirer un style qui émergeât de l'expressionisme abstrait: le color-field painting, canevas abstraits principalement peints avec de grandes zones de couleur solide et dont un des principal représentant est Kenneth Noland (Whirl, 1960, ci-contre à droite), artiste que j'avais découvert lors de ma première visite à New-York à la Grey Art Gallery, l'idée est celle d'atteindre la nature essentielle de l'abstraction visuelle en effaçant tout marque individuelle en faveur de vastes zones colorées.
15:20 Publié dans Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 19 septembre 2008
Asia Society - l'Art chinois pendant et après la Révolution Culturelle
Me voici de nouveau à New-York...en quête de nouvelles émotions artistiques. L'automne est déjà là, les cours ont commencé et la liste des expos à voir se fait déjà longue. C'est parti.
Exposition d'actualité, Art and China's revolution à la Asia Society, qui retrace ce qu'à été la production artistique chinoise à l'époque de la Révolution Culturelle (des années 50 aux années 70). L'exposition devait comprendre de nombreuses oeuvres provenant de Chine mais c'était sans compter sur les Jeux Olympiques et la polémique qu'ils ont entraîné, les autorités chinoises ont ainsi refusé au dernier moment de prêter les oeuvres. Il reste néanmoins une belle sélection de tableaux et pièces...
Ce poster Chairman Goes to Anyuan de l'artiste Liu Chunhua (voir en en-tête de l'article) soulignant l'importance de cette ville minière Anyuan pour Mao où il avait soutenu le mouvement ouvrier et où il se rendait - une fois Président - tous les ans. Ce poster a - selon certaines sources - été le plus reproduit à l'époque, neuf millions de fois. Néanmoins, il avait été critiqué par le Parti pour deux raisons: Mao était seul alors qu'il aurait dû être représenté entouré du peuple et il était sur un fond de ciel bleu nuageux alors que Mao symbolisait le Soleil Rouge est donc le ciel aurait dû être sans nuages.
Une des salles de l'exposition présente des photographies prises durant la Révolution Culturelle, on y voit les Soldats Rouges acclamant Mao mais aussi des hommes accusés d'être contre-révolutionnaires portant autour du cou des pancartes de mea culpa et ce en place publique. Il y aussi une grande collection d'objets, à la limite du merchandising, des pin's, des poupées, de la vaisselle...et...une mangue commémorative! Vous avez bien lu! Il s'agit d'un hommage rendu à la générosité de Mao qui, à l'occasion de la visite de représentants du Pakistan, distribua au peuple les dix mangues offertes en guise de cadeau par ces derniers. La mangue devenait tout un symbole.
Ensuite, on passe dans une galerie de peintures grand format représentant Mao entouré par le peuple souriant, heureux, brandissant le fameux petit livre rouge, recueil de Citations du Président. Ouvrage qui se trouve d'ailleurs également exposé avec ses variantes en plusieurs langues dont l'hébreu. Il y a aussi une sculpture représentant une scène grandeur nature du paiment de l'impôt à l'époque "féodale" qui décrit la misère du peuple face à la dureté du propriétaire terrien, scène qui ne devait plus avoir lieu une fois Mao au pouvoir, ce dernier prêchant l'abolition de la bourgeoisie.
Toutes ces oeuvres sont celles réalisées sous la supervisation du Parti et surveillance accrue des Gardes Rouges, les artistes qui n'allaient pas dans ce sens (la plupart peignaient simplement des paysages ou selon les principes traditionnels chinois c'est-à-dire à l'encre sur papier, voir ci-contre à gauche) étaient accusés d'être contre-révolutionnaires et destinés à des camps de redressement dans la campagne où ils devaient faire des sessions d'autocritique. Durant la Révolution Culturelle, des milliers d'oeuvres traditionnelles furent détruites.
Exposition intéressante donc mais qui - logiquement - ne montre qu'un aspect des choses. Ainsi, si l'on veux connaître l'impact de la Révolution Culturelle sur la production des artistes aujourd'hui, on peux se rendre au Musée d'Art Moderne de San Francisco qui expose la collection Logan d'art contemporain chinois. On est saisis par cette façon d'exprimer le désarroi, le cynisme, le désespoir vécus par certains artistes chinois.
Les portraits de famille des annés 60 de Zhang Xiaogang (ci-contre à droite) dont la calme expression des visages n'a d'égale que la souffrance probablement vécue à l'intérieur, les sourires figés des peintures et sculptures de Yue Min (ci-contre à gauche) nous transmettent l'idée d'un grand malaise.
Mais j'ai personnellemnt reçu un coup au coeur en regardant ce tableau sans titre de Zhang Xiaogang représentant une tête d'enfant qui pleure, plongé dans l'obscurité et reposant sur un livre ouvert avec à côté une prise débranchée, ce tableau plus que jamais reflète pour moi le désarroi et la tristesse des gens à qui l'on interdit d'apprendre et donc de s'exprimer. C'est venu tout seul, j'ai versé des larmes.NB: Alex, je réclame un commentaire de ta part sur cet article!
15:05 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 08 septembre 2008
Bye Bye California...New-York me revoilà!
01:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 01 septembre 2008
San Francisco - un maître verrier au de Young
Le Musée des Beaux Arts de Young à San Francisco accueille à l'heure actuelle - dans son bâtiment principal crée par les architectes Herzog et de Meuron - une exposition de l'artiste phénomène Dale Chihuly.
C'est époustouflant. Dans une succession de salles aux murs gris anthracite, les verres de Dale Shihuly resplendissent de beauté, et de sensualité. Tout d'abord, il y a la Forêt de verre constitutées de roseaux de verre blanc, énigmatique et fantasmagorique, elle est illuminée par des néons bleus, c'est une belle entrée en matière.
Ensuite il y a la série des verres vénitiens, objets fastueux sur lesquels une nature (de verre) sauvage et d'un autre monde se reflète (voir ci-contre) brillamment. Avec la série des Vénitiens, Dale Chihuly nous rappelle les couleurs somptueuses utilisées par les célèbres artistes de cette ville au XVIIè s.
La salle suivante présente des verres plus importants en taille, plus imposants, ce sont les verres Ikebana qui font inévitablement référence à l'art japonais de composition florale. Ensuite, viennent les verres inspirés par la culture des indiens d'Amérique et qui sont exposés avec des paniers à tabac originaux, la confrontation des deux arts est, malgré leurs différences de supports et de fins, une vraie réussite esthétique (voir ci-contre à droite).
Une des salles présente Mile fiori, véritable jardin intérieur composé de mille fleurs aux formes étranges et couleurs vives, nos yeux sont captés par l'ardeur du rouge, le surréalisme du vert, l'éclat du jaune.
Enfin, une autre salle présente deux barques côte à côte, réminiscence de jeux d'enfants, l'une contient des ballons de verre de toute taille, toute couleurs, tous motifs tandis que l'autre regorge d'extrémités de tiges qui peuvent être gondolées, en tire-bouchons, palmées, arrondies...La seule pensée de la logistique nécessaire à l'installation de cette oeuvre donne des frissons! Je ne peux pas tout vous raconter ici...mais je suis ressortie de l'exposition comme une enfant qui vient de découvrir des merveilles et qui tient à garder le secret au plus profond de lui le plus longtemps possible.
03:10 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









