« 2008-12 | Page d'accueil | 2009-04 »

dimanche, 11 janvier 2009

La Cinémathèque Française - Dennis Hopper, collectionneur hippie?

346722976.jpg


parisart-14-CF-Hopper-P-26803.jpg
L'exposition "Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française est un hommage au cinéaste/acteur et présente - entre autres - sa collection d'art, une série de photographies des people qu'il fréquentait à l'époque: Phil Spector, Wallace Berman, Andy Warhol, George Herms, Peter Fonda et Jack Nicholson. Excusez du peu...Il y a aussi des vidéos: extraits de films, entretiens, publicité, montages...bref tout, absolument tout ce que vous souhaitez voir et savoir sur Dennis Hopper, icône de l'underground artistique californien et du Nouvel Hollywood des années 50 à nos jours.

bild.jpgPour sa part, plutôt importante, la collection d'art est éclectique et réunit les artistes stars de l'époque tels que Warhol (voir en en-tête), Basquiat, Ruscha, Salle, Rauschenberg. Ils constituent aujourd'hui les grands noms de l'art contemporain du XXe siècle. Ce qu'il y a de fascinant ici, c'est que Dennis Hopper a été un des acteur clé du marché américain de l'art florissant des années 60 aux années 80, et cette exposition en témoigne. Il aura même joué dans le film Basquiat réalisé en 1996 par Julian Schnabel (voir la photographie ci-contre à droite...qui reconnaissez vous dans le rôle de Andy Warhol?) où Dennis joue le rôle de l'agent de l' artiste et ou l'on voit des célébrités telles que Courtney Cox mais aussi la célèbre marchande d'art Mary Boone, faisant légèrement du gringue (a-t-elle été ainsi dans la réalité?).

biiboard-factory-1964.jpgLes œuvres d'art exposées ne m'ont pas emballé. C'est trop tape à l'œil, trop Pop Art, trop star system, trop évident. Et sans parler de l'impression de déjà vu que donne Billboard Factory, Multi image of a woman’s face (ci-contre à droite), dont le peintre n'est autre que le cinéaste lui-même (plusieurs œuvres de Hopper sont présentes à l'expo, on s'en serait passé). julian-schnabel-1991.jpgIl y avait aussi des tableaux de Julian Schnabel dont Hopper (ci-contre à droite) réalisé à partir d'assiettes cassées collées à même la toile et peintes. Finalement peut-être une des seules pièces qui nous aura tapé dans l'œil, c'est ce ready-made co-signé Marcel Duchamp et Dennis Hopper ci-dessous:
duchamp-1963.jpg
Hôtel Green (Entrance), 1963

mercredi, 07 janvier 2009

Palais de Tokyo - de l'art folklo anglais

2887840811_18b66df7b2.jpg

Sortie de mon bain new-yorkais dans l'art contemporain..je suis spontanément allée barboter dans son équivalent en France...en tous cas, dans un des lieux phares ou il s'expose: le Palais de Tokyo.

Palais-de-Tokyo-2.JPG L'endroit est plutôt surprenant. En effet, en entrant on croit être dans un lieu en travaux...mais non! les architectes: Dondel, Aubert, Viart et Dastugue ont - dixit une des employées du Palais - voulu cet effet "work in progress" et pour des raisons budgétaires, n'ont pas eu trop le choix non plus. Mais finalement, ce vaste espace reflète-t-il peut-être l'état de la création contemporaine en France, une volonté de lui donner une place importante (le Palais de Tokyo est immense et en plein centre de la ville) mais pas forcément les moyens associés (nous savons qu' une grande partie du budget de la Culture en France va à la conservation/rénovation du patrimoine). Dans tous les cas, la boutique dénote: ses murs sont des grilles, on voit à travers, elle est complètement mobile! Le coin lecture-point d'information est un îlot de confort et de couleurs apaisantes (vert, gris) au sein de cet espace de béton : les murs en effet ne sont pas peints, les plafonds...pas plafonnés...on voit les câbles par exemple. Et enfin, la billetterie se trouve dans une caravane...!

bann.jpgL'exposition que j'ai visité était une carte blanche donnée à Jeremy Deller, lauréat du Turner Prize 2004: D'une révolution à l'autre qui décrit "un parcours qui mène de la révolution industrielle anglaise à la révolution numérique contemporaine. Les choix d'artistes et de mises en scènes portaient sur le thème de l' "art" folklorique anglais...mais...peux t-on parler vraiment d'Art? éternel débat sur lequel nous ne nous étendrons pas ici. L'entrée de l'expo est assez brutale avec dans le coin à gauche un mannequin de SDF (voir ici en en-tête), sa présence est franchement gênante, troublante en ce lieu, bien plus, malheureusement, que celle réelle des vrais SDF. On amorce une prise de conscience...mais après on est détourné par les couleurs vives et les grandes lettres d'immenses bannières authentiques de manifestation suspendues au plafond.

garage.jpgIl y a un peu de tout à vrai dire dans cette exposition, des photographies des soirées du Golf Drouot dans les années 60 ou Johnny Halliday, Eddy Mitchell et autres stars se retrouvaient, il y a ici la reproduction grandeur nature d'un garage de répèt', dont les murs, pour isoler le bruit, est recouvert de boîtes d'œufs...(ci-contre à gauche); il y a aussi une salle dédiée à la musique électronique en Union Soviétique dans les années 20 (non non ceci n'est pas une blague). C'est déroutant tout ça! ou est la création contemporaine?! c'est certainement l'expo en elle-même. Mais peut-on considérer une exposition organisée par un artiste contemporain comme étant une oeuvre contemporaine? Ne jouons pas sur les mots...et laissons-nous saisir par cette curiosité, cet atypisme ambiant. Zen Véro, Zen. Rappelons nous...la dernière fois que nous avions ressenti cette déroute, c'était au MACBA (Museu d'Art Contemporani de Barcelona)...finalement c'est peut-être bon signe.

Affaire à suivre...