mercredi, 03 juin 2009

Quelques galeries d'art contemporain à Paris

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Petit parcours d'art contemporain à Paris...suivez le guide...

 

Dorothy's Gallery: après le succés de l'exposition sur Obama, Dorothy surfe sur la vague et présente "Discover the USA" jusqu'au 28 juin.

 

Galerie Thaddaeus Ropac présente les sculptures du mouvement de Tony Cragg (voir photo en en-tête). 

 

ericfischl.jpgGalerie Daniel Templon, incontournable. L'exposition des sculptures en argile de l'artiste Eric Fischl est déjà passée chez Mary Boone à New-York. 

 

 

 

L' Espace Culturel Louis Vuitton dont les artistes ont l'heureux point commun de n'être que des pointures...Barbara Kruger, Tracey Emin, Claude Closky, Wade Guiton. Le sujet de l'exposition est articulé autour de trois tablettes d'argile - encore indéchiffrées - venues de l'Île de Pâques. 

 

 

 

 

 

lundi, 04 mai 2009

Hayward Gallery, Londres - Annette Messager

 

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Annette Messager est une artiste française contemporaine, après Beaubourg, c'est à la Hayward Gallery qu'elle présente une rétrospective de son travail depuis les années 70. L'utilisation de matériaux et médiums divers: tissus, filets, dessins sur photos, mécanismes d'animation...rend cette exposition fascinante.

Le clou est la présence d'une partie de l'oeuvre présentée à la Biennale de Venise et avec laquelle Anette Messager avait gagné le Lion d'Or. Vaste installation, bizarement angoissante, terriblement enveloppante... à voir absolumment, si vous êtes de passage à Londres. 

 

mardi, 07 avril 2009

Une certaine expression de violence édulcorée

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Julie Lorinet est une artiste aux œuvres fascinantes, violentes parfois, charnelles souvent. L'artiste s'échappe dans un monde onirique, très en rapport à la sexualité et au mythe de l'enfance, rempli de corps démembrés ou les jambes, les vagins et les thorax ont une place prépondérante. Leurs formes s'entremêlent et leurs couleurs sont acidulées. On ressent ici la violence du langage pictural, un tandem "supplice/délice" visuel qui provoque des réactions surprenantes, c'est directement à l'inconscient et à l'imaginaire du "regardeur" que l'artiste s'adresse.

slip 40.jpgJulie Lorinet s'est principalement consacré à la représentation de corps tronqués d'où émergent des métamorphoses. Elle a réalisé nombreuses peintures, aquarelles, encres de chine et dessins sur lesquels le corps est retransformé pour trouver sa place dans un univers ludique, féminin, ornemental mais aussi cruel et pervers. Alors que ses premières œuvres sont des huiles sur toile, Julie Lorinet s'est plus récemment tournée vers l'aquarelle qui donne transparence et légèreté aux formes, et vers le dessin dont l'infinité du processus lui permet de renouer avec le spontané, l’authentique, le primitif.

Visualisez quelques oeuvres de l'artiste en cliquant ici.

Julie Lorinet (née en 1978) est né à Argenteuil et vit et travaille actuellement à Montreuil. Elle expose actuellement à l'exposition « Fétiches » de LAS Galerie à Paris.

dimanche, 11 janvier 2009

La Cinémathèque Française - Dennis Hopper, collectionneur hippie?

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L'exposition "Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française est un hommage au cinéaste/acteur et présente - entre autres - sa collection d'art, une série de photographies des people qu'il fréquentait à l'époque: Phil Spector, Wallace Berman, Andy Warhol, George Herms, Peter Fonda et Jack Nicholson. Excusez du peu...Il y a aussi des vidéos: extraits de films, entretiens, publicité, montages...bref tout, absolument tout ce que vous souhaitez voir et savoir sur Dennis Hopper, icône de l'underground artistique californien et du Nouvel Hollywood des années 50 à nos jours.

bild.jpgPour sa part, plutôt importante, la collection d'art est éclectique et réunit les artistes stars de l'époque tels que Warhol (voir en en-tête), Basquiat, Ruscha, Salle, Rauschenberg. Ils constituent aujourd'hui les grands noms de l'art contemporain du XXe siècle. Ce qu'il y a de fascinant ici, c'est que Dennis Hopper a été un des acteur clé du marché américain de l'art florissant des années 60 aux années 80, et cette exposition en témoigne. Il aura même joué dans le film Basquiat réalisé en 1996 par Julian Schnabel (voir la photographie ci-contre à droite...qui reconnaissez vous dans le rôle de Andy Warhol?) où Dennis joue le rôle de l'agent de l' artiste et ou l'on voit des célébrités telles que Courtney Cox mais aussi la célèbre marchande d'art Mary Boone, faisant légèrement du gringue (a-t-elle été ainsi dans la réalité?).

biiboard-factory-1964.jpgLes œuvres d'art exposées ne m'ont pas emballé. C'est trop tape à l'œil, trop Pop Art, trop star system, trop évident. Et sans parler de l'impression de déjà vu que donne Billboard Factory, Multi image of a woman’s face (ci-contre à droite), dont le peintre n'est autre que le cinéaste lui-même (plusieurs œuvres de Hopper sont présentes à l'expo, on s'en serait passé). julian-schnabel-1991.jpgIl y avait aussi des tableaux de Julian Schnabel dont Hopper (ci-contre à droite) réalisé à partir d'assiettes cassées collées à même la toile et peintes. Finalement peut-être une des seules pièces qui nous aura tapé dans l'œil, c'est ce ready-made co-signé Marcel Duchamp et Dennis Hopper ci-dessous:
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Hôtel Green (Entrance), 1963

mercredi, 07 janvier 2009

Palais de Tokyo - de l'art folklo anglais

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Sortie de mon bain new-yorkais dans l'art contemporain..je suis spontanément allée barboter dans son équivalent en France...en tous cas, dans un des lieux phares ou il s'expose: le Palais de Tokyo.

Palais-de-Tokyo-2.JPG L'endroit est plutôt surprenant. En effet, en entrant on croit être dans un lieu en travaux...mais non! les architectes: Dondel, Aubert, Viart et Dastugue ont - dixit une des employées du Palais - voulu cet effet "work in progress" et pour des raisons budgétaires, n'ont pas eu trop le choix non plus. Mais finalement, ce vaste espace reflète-t-il peut-être l'état de la création contemporaine en France, une volonté de lui donner une place importante (le Palais de Tokyo est immense et en plein centre de la ville) mais pas forcément les moyens associés (nous savons qu' une grande partie du budget de la Culture en France va à la conservation/rénovation du patrimoine). Dans tous les cas, la boutique dénote: ses murs sont des grilles, on voit à travers, elle est complètement mobile! Le coin lecture-point d'information est un îlot de confort et de couleurs apaisantes (vert, gris) au sein de cet espace de béton : les murs en effet ne sont pas peints, les plafonds...pas plafonnés...on voit les câbles par exemple. Et enfin, la billetterie se trouve dans une caravane...!

bann.jpgL'exposition que j'ai visité était une carte blanche donnée à Jeremy Deller, lauréat du Turner Prize 2004: D'une révolution à l'autre qui décrit "un parcours qui mène de la révolution industrielle anglaise à la révolution numérique contemporaine. Les choix d'artistes et de mises en scènes portaient sur le thème de l' "art" folklorique anglais...mais...peux t-on parler vraiment d'Art? éternel débat sur lequel nous ne nous étendrons pas ici. L'entrée de l'expo est assez brutale avec dans le coin à gauche un mannequin de SDF (voir ici en en-tête), sa présence est franchement gênante, troublante en ce lieu, bien plus, malheureusement, que celle réelle des vrais SDF. On amorce une prise de conscience...mais après on est détourné par les couleurs vives et les grandes lettres d'immenses bannières authentiques de manifestation suspendues au plafond.

garage.jpgIl y a un peu de tout à vrai dire dans cette exposition, des photographies des soirées du Golf Drouot dans les années 60 ou Johnny Halliday, Eddy Mitchell et autres stars se retrouvaient, il y a ici la reproduction grandeur nature d'un garage de répèt', dont les murs, pour isoler le bruit, est recouvert de boîtes d'œufs...(ci-contre à gauche); il y a aussi une salle dédiée à la musique électronique en Union Soviétique dans les années 20 (non non ceci n'est pas une blague). C'est déroutant tout ça! ou est la création contemporaine?! c'est certainement l'expo en elle-même. Mais peut-on considérer une exposition organisée par un artiste contemporain comme étant une oeuvre contemporaine? Ne jouons pas sur les mots...et laissons-nous saisir par cette curiosité, cet atypisme ambiant. Zen Véro, Zen. Rappelons nous...la dernière fois que nous avions ressenti cette déroute, c'était au MACBA (Museu d'Art Contemporani de Barcelona)...finalement c'est peut-être bon signe.

Affaire à suivre...

dimanche, 07 décembre 2008

Studio Museum in Harlem - la "cool" attitude

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Cela faisait un moment que l'envie d'aller au Studio Museum de Harlem me titillait. C'est un de ces musées à New-York que l'on a envie de découvrir car ils font partie de ceux qui font la particularité de la scène muséale de la ville, et qui en font sa richesse. Des institutions telles que le Studio Museum in Harlem, le Bronx Museum of Art, Asia Society (et tant d'autres) sont des lieux exceptionnels. Ils sont les exemples flamboyants de l'union entre l'Art et la notion de "Communauté" que la ville et ses riches donateurs entretiennent au fil des ans. Et le soin avec lequel ils sont entretenus, la qualité des programmes, la modernité de leurs espaces en font des institutions de premier ordre.

La mission du Studio Museum in Harlem est d'être la connection locale, nationale et internationale pour les artistes noirs ainsi que pour les oeuvres inspirées par la culture noire. C'est un lieu d'échange dynamique d'idées sur l'art et la société.

hendricks02.jpgEn ce moment, une expo de peintures de l'Afro-Américain Barkley L. Hendricks (première rétrospective du peintre né en 1945) intitulée "Birth of the cool (Naissance du Cool) tire le portrait - grandeur nature - d'individus de couleur, proches de l'artiste (ci-contre à droite, sa compagne) ou rencontrés dans la rue, durant les années 60 et 70. L'époque était celle du mouvement Black Power, après le mouvement international des Droits Civiques et la mode prenait d'assaut les rues de Harlem. Barkley L. Hendricks a su capturer ce moment et ses portraits sont tout simplement géniaux, ils nous transportent littéralement dans cette époque.

hendricks05.jpgL'expo commence par un autoportrait immaculé de l'artiste (voir en en-tête de l'article), l'image ici ne rend malheureusement pas bien l'effet mais la peinture du blanc sur blanc barkley-hendricks-afroparis.jpg(manteau blanc sur fond blanc) est exceptionnelement bien faite, les plis couleur chair du costume ont un rendu parfait, la posture du peintre nonchalente s'allie parfaitement avec l'idée que l'on se fait de la cool attitude. Les fonds toujours monochromes ainsi que la coupe systématique des pieds ou du haut de la tête de ces portraits, en font de véritables icones des temps modernes. Tel ce Blood (Donald Formey) (ci-contre à gauche) ou ces APB’s (Afro-Parisian Brothers) (1979, ci-contre à droite).

lawdymama.jpgEt Barkley Hendricks a bien conscience de ce rendu iconique et en joue avec une pointe d'ironie dans son Lawdy Mama (ci-contre à gauche), portrait qui représente une femme dont la coupe de cheveu fait écho à la forme voûtée de la partie supérieure de la toile. Dibujo.jpgLe plus drôle est ce portrait loufoque, dont les tons dorés rappellent les icones europeennes médiévales, Fela: Amen, Amen, Amen, Amen, au pied du tableau, des paires d'escarpins bariolés, de baskets peinturlurées...voyez le tableau! (ci-contre à droite). Et remarquez le coeur du personnage ayant la forme du continent africain.

La fin de l'exposition est constitutée d'une série de paysages que Barkley Hendricks a réalisé en Jamaïque, oú il passe une partie de l'année. La série n'apporte rien à l'expo, est de qualité moyenne, les cadres sont kitchissimes, bref, personnellement, je m'en serai bien passé.

dimanche, 23 novembre 2008

Brooklyn Museum - Gilbert & George, le meilleur de l'excentricité british

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Gilbert & George sont deux personnes mais un seul et même artiste. L'un est anglais, l'autre italien et depuis plus de 40 ans, ils font tout ensemble. Chez eux, ils n'ont pas de cuisine et vont déjeuner tous les jours au même café matin, midi et soir aux mêmes heures. Ils ne vont pas dans les autres galeries d'art, c'est "polluant", ils ne sortent casimment jamais de leur quartier, "à quoi bon?", ils ne révèlent jamais comment ils travaillent (ils ne veulent pas que les gens sachent qui fait quoi, puisqu'au final...il s'agit ici d'un seul et même artiste), l'un commence les phrases, l'autre les termine et ainsi de suite. On est îlien ou on l'est pas!

gilbertgeorge460.jpgLa rétrospective de Gilbert & George au Brooklyn Museum of Art est un évènement unique aux États-Unis, c'est la première fois que "l'artiste" expose Outre-Atlantique dans un musée. Du placement des oeuvres à leur légende, c'est Gilbert & George qui ont tout décidé. Pauvre commissaire d'exposition qui n'a eu pour cette fois qu'un rôle secondaire.

La première salle tourne essentiellement - grâce à des objets, photos et documents - autour d'une des premières oeuvres de Gilbert & George: "Singing Sculpture" (Sculpture chantante"). Il s'agit d'une performance (mais "l'artiste" parle incéssamment de sculpture) en 1968, durant laquelle les deux partenaires, visages badigonnés d'un fard doré, montés sur une table (ou "podium"), répètent des mouvements de robot, canne et escarpin à la main. Le phénomène Gilbert & George était né.

Plus tard, Gilbert & George vont s'orienter vers la photographie mais attention! ce n'est pas de la photographie! c'est de la sculpture. En effet, ils vont manipuler des photos, puis les encadrer et assembler ces cadres afin de créer des compositions spectactulaires qui parfois donnent l'impression d'être face à un monumental vitrail d'église, tel ce "Hope, Life, Death, Fear" (1984), crée en pleine épidémie du SIDA et qui illustre la religion vue par "l'artiste".

1984-FEAR.jpg death_b.jpg 008_1984LIFE.jpg 1984-HOPE.jpg

La plupart des sculptures sont immenses et pleines de couleur, du rouge oppressant qui fût leur première introduction colorée au vert, bleu, jaune. Il faut lire quelque part que "l'artiste" utilise la peinture (sur photographie) comme technique car aucune légende n'est présente si ce n'est le nom de l'oeuvre et la date. Enfin Gilbert & George - qui se considèrent comme des sculptures vivantes - sont présents dans chaque oeuvre, toujours. Nus, habillés, retouchés, assis, debout...

2006-BOMBER.jpgUne de leur plus récente création s'appelle The Bomb pictures series (ci-contre à gauche) crée en 2006 à la suite des attentats de Londres. L'oeuvre est assez impactante, sous fond glauque de graffitis sur un mur d'entrepôt, Gilbert & George pose vieillis, au milieu de titres de la presse à l'époque.

1982-WINTER--FLOWERS.jpgGilbert & George rejette l'Art élitiste, ils considèrent que l'Art doit s'ouvrir à tous, être compris par tous. Ils ne veulent pas choquer, mais "déchoquer", d'ou le choix de leurs images souvent honnêtes, crues, sans détour mais qui réussisent toujours à hâper de gré ou de force le visiteur dans leur monde. Telle cette nostalgie qui nous envahit devant Winter Flowers, 1982 (ci-contre à droite).

Regardez la vidéo-entretien avec Gilbert & George du NewYorkTimes ICI.

vendredi, 07 novembre 2008

Sculptures par ci par là à New-York

Voici un petit résumé en images de mes récentes promenades dans les rues de New-York...cliquez ici.

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Prochaine visite: Rétrospective Gilbert & George au Brooklyn Museum

samedi, 27 septembre 2008

Park Avenue Armory - Vive la Démocratie!

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Un espace d'exposition alternatif en plein cœur de Manhattan....? est-ce possible? Le Park Avenue Armory pourrait être la preuve que oui...mais c'est oublier qu'il abrite aussi la Whitney Biennial tous les deux ans. Bref, passons.

Durant la semaine du 22 au 28 septembre, l'immense espace new-yorkais de 5000 m2 (vous avez bien lu) abrite à son tour (l'expo a fait une tournée d'un an aux States) Democracy in America: The National Campaign, plusieurs performances, sculptures, vidéos d'artistes qui nous donnent leur vision de la démocratie. En ces temps d'élections, l'évènement tombe à pic. Attention néanmoins, pas d'orientation politique particulière promue ici.

Dès l'entrée dans le bâtiment, sur fond de musique entrainante, le visiteur est sollicité pour faire son speech. Il est accompagné vers une installation, située dans le grand hall, qui consiste en plusieurs caisses à savons disposées sur le sol, autour desquelles se massent une foule de curieux et la performance consiste à monter sur une de ces caisses et à faire un speech sur n'importe quel sujet, micro en main, caméra braquée sur soi. Inutile de vous dire que les désistements sont nombreux. Mais ceux qui se lancent ont des choses intéressantes à dire, on parle de Gandhi et de la paix dans le monde, de la crise actuelle.

Il y a aussi cette installation qui regroupe une dizaine de mécanismes-robots qui manipulent des G.I Joe, l'un à la tête à l'envers et est immergé de pétrole, l'autre est traîné de façon circulaire sur le sol et cela lui donne un aspect de marionnette, et tout ces mécanismes sont pourvues de mini caméras qui filment de près le soldat et dont la vidéo est reproduite sur une dizaine d'écrans à côté. Cela entraîne inévitablement une réflexion sur la guerre, l'armée et sa médiatisation.

Le thème traité étant la démocratie, le visiteur est inévitablement engagé dans ces performances et à chaque instant, on réalise l'importance de notre propre vision et le fait que cela donne à l'œuvre toute sa dimension. Il y a cette estrade où l'on peux faire du karaoké. Je l'ai fais! Et nous avons chanté, tout émoustillés devant les spectateurs certainement intrigués sinon amusés par notre accent français, la chanson de Frank Sinatra "My way".

La critique est également présente ici avec un ensemble de vidéos documentaires sur certains régimes politiques totalitaires ou des crises sociales, l'un d'eux mettant en lumière les cartoneros d'Argentine, ces gens "normaux" qui après la crise traversée par le pays au début des années 2000, se sont retrouvés à la rue et collectant du carton dans les poubelles pour le vendre au recyclage.

On passe un vrai bon moment ici de simplicité, de collectivité et de partage, on erre dans les différents espaces, et on oublie presque que c'est la froide et élégante Park Avenue qui nous attend dehors.

NB: Toutes mes excuses aux artistes, je n'ai pu retrouver leurs noms associés aux oeuvres mentionnées ici.

vendredi, 26 septembre 2008

Bronx Museum - Depuis 1950...que s'est-il passé dans la rue?

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Il faut aller au nord de Manhattan, tout tout en haut, dans le tristement connu (pour sa violence) quartier du Bronx (qui a d'ailleurs depuis, beaucoup changé) pour voir l'exposition "Street art, street life" au Bronx Museum.

exh2_Street.jpgSi vous vous attendez à voir des tags, graffitis, et autres formes d'expression urbaine clandestine...faites demi-tour, ce n'est pas ici que vous les trouverez. Par l'expression "Street art, street life", la commissaire d'exposition a voulu désigner plutôt comment l'art s'est exprimé dans la rue et comment la rue a influencé les formes d'expression. Il s'agit plus d'un retraçage historique de cette expression. Organisée chronologiquement, l'exposition commence par les années 50-60 avec essentiellement des photographies d'artistes aujourd'hui mondialement reconnus tel cette photo intitulée Gun de William Klein (en-tête de l'article), et le "reportage-mise en scène" de George Maciunas des premières performances fluxus plutôt saugrenus mais aussi amusantes (ci-contre à gauche), il y aussi les affiches lacérées de Jacques de la Villeglé et celles de son ami Raymond Hains.

topten.jpgOn peux visualiser le film de John Lennon et Yoko Ono intitulé Rape où l'on y voit une jeune femme traquée par une caméra dans la rue puis chez elle...sorte de métaphore autobiographique. Pour clôturer cette période, un autre film qui montre la performance dans la rue de l'artiste autrichienne Valie Export (c'est son "nom de scène") durant laquelle cette dernière porte une sorte de carton sur le buste. Le côté du carton le plus exposé est entrouvert par une brèche et les passants sont invités à mettre les mains dedans et par conséquence...tripoter la jeune femme! et ce devant tout le monde et la caméra (ci-contre à droite). L'idée étant de mettre en scène la concupiscence masculine...

link-pic.gifLa période des années 70-80 est marquée par des oeuvres plutôt en relation avec l'environnement lui même de la rue. On remarque le reportage de la performance d'un an (c'était sa "spécialité") réalisée par l'artiste coréen Teh-Ching Hsieh (en couverture du Dvd, ci-contre à gauche) pour laquelle il est resté exclusivement en extérieur (dans New-York), c'est-à-dire qu'il s'est refusé à rentrer dans quelque intérieur que ce soit: édifice, voiture, métro...la seule exception: son sac de couchage! ben voyons. Et aussi la nuit passée au poste qu'il n'a certainement pas voulu. L'ensemble de textes et photographies de Sophie Calle qui s'est fait suivre durant une journée par un détective privé, qu'elle a elle même espionné, sans que lui même le sache. Bref, vous voyez, pleins de choses intéressantes, enrichissantes sur une époque et ce que les artistes faisaient de décalé en extérieur, tout en mettant en scène ce dernier.

kimsooja_a_needle.jpgEnfin, la dernière période, celles des années 90 à aujourd'hui est plus globale dans le sens ou c'est la rue en Afrique, au Japon, en Chine qui est mise en scène...à travers des photographies couleur grand format, des performances vidéos, des entretiens de gens dans la rue. L'artiste coréenne Kimsooja par exemple se filme de dos dans la rue (cheveux noirs attachés sobrement) et l'on peux voir tous les passants qui gravitent autour d'elle, interpellés par son immobilisme en contraste avec la rue qui grouille. Leurs réactions sont diverses. La performance s'appelle Needdle woman (La femme aiguille, ci-contre à gauche). L'art est ainsi moins mis en scène que les personnes elles-mêmes, serait-ce donc le bilan aujourd'hui? la rue "occidentale" serait-elle devenue tellement ennuyeuse avec ses magasins standardisés, ses restaurants bon chic bon genre que les artistes n'ont plus envie de s'y exprimer? C'est très possible...et cela ne nous surprendrait pas.

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