dimanche, 23 novembre 2008
Brooklyn Museum - Gilbert & George, le meilleur de l'excentricité british
Gilbert & George sont deux personnes mais un seul et même artiste. L'un est anglais, l'autre italien et depuis plus de 40 ans, ils font tout ensemble. Chez eux, ils n'ont pas de cuisine et vont déjeuner tous les jours au même café matin, midi et soir aux mêmes heures. Ils ne vont pas dans les autres galeries d'art, c'est "polluant", ils ne sortent casimment jamais de leur quartier, "à quoi bon?", ils ne révèlent jamais comment ils travaillent (ils ne veulent pas que les gens sachent qui fait quoi, puisqu'au final...il s'agit ici d'un seul et même artiste), l'un commence les phrases, l'autre les termine et ainsi de suite. On est îlien ou on l'est pas!
La rétrospective de Gilbert & George au Brooklyn Museum of Art est un évènement unique aux États-Unis, c'est la première fois que "l'artiste" expose Outre-Atlantique dans un musée. Du placement des oeuvres à leur légende, c'est Gilbert & George qui ont tout décidé. Pauvre commissaire d'exposition qui n'a eu pour cette fois qu'un rôle secondaire. La première salle tourne essentiellement - grâce à des objets, photos et documents - autour d'une des premières oeuvres de Gilbert & George: "Singing Sculpture" (Sculpture chantante"). Il s'agit d'une performance (mais "l'artiste" parle incéssamment de sculpture) en 1968, durant laquelle les deux partenaires, visages badigonnés d'un fard doré, montés sur une table (ou "podium"), répètent des mouvements de robot, canne et escarpin à la main. Le phénomène Gilbert & George était né.
Plus tard, Gilbert & George vont s'orienter vers la photographie mais attention! ce n'est pas de la photographie! c'est de la sculpture. En effet, ils vont manipuler des photos, puis les encadrer et assembler ces cadres afin de créer des compositions spectactulaires qui parfois donnent l'impression d'être face à un monumental vitrail d'église, tel ce "Hope, Life, Death, Fear" (1984), crée en pleine épidémie du SIDA et qui illustre la religion vue par "l'artiste".

La plupart des sculptures sont immenses et pleines de couleur, du rouge oppressant qui fût leur première introduction colorée au vert, bleu, jaune. Il faut lire quelque part que "l'artiste" utilise la peinture (sur photographie) comme technique car aucune légende n'est présente si ce n'est le nom de l'oeuvre et la date. Enfin Gilbert & George - qui se considèrent comme des sculptures vivantes - sont présents dans chaque oeuvre, toujours. Nus, habillés, retouchés, assis, debout...
Une de leur plus récente création s'appelle The Bomb pictures series (ci-contre à gauche) crée en 2006 à la suite des attentats de Londres. L'oeuvre est assez impactante, sous fond glauque de graffitis sur un mur d'entrepôt, Gilbert & George pose vieillis, au milieu de titres de la presse à l'époque.
Gilbert & George rejette l'Art élitiste, ils considèrent que l'Art doit s'ouvrir à tous, être compris par tous. Ils ne veulent pas choquer, mais "déchoquer", d'ou le choix de leurs images souvent honnêtes, crues, sans détour mais qui réussisent toujours à hâper de gré ou de force le visiteur dans leur monde. Telle cette nostalgie qui nous envahit devant Winter Flowers, 1982 (ci-contre à droite). Regardez la vidéo-entretien avec Gilbert & George du NewYorkTimes ICI.
16:03 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gilbert and george, brooklyn museum of art
vendredi, 07 novembre 2008
Sculptures par ci par là à New-York
Voici un petit résumé en images de mes récentes promenades dans les rues de New-York...cliquez ici.
Prochaine visite: Rétrospective Gilbert & George au Brooklyn Museum
05:10 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 27 septembre 2008
Park Avenue Armory - Vive la Démocratie!
Un espace d'exposition alternatif en plein cœur de Manhattan....? est-ce possible? Le Park Avenue Armory pourrait être la preuve que oui...mais c'est oublier qu'il abrite aussi la Whitney Biennial tous les deux ans. Bref, passons.
Durant la semaine du 22 au 28 septembre, l'immense espace new-yorkais de 5000 m2 (vous avez bien lu) abrite à son tour (l'expo a fait une tournée d'un an aux States) Democracy in America: The National Campaign, plusieurs performances, sculptures, vidéos d'artistes qui nous donnent leur vision de la démocratie. En ces temps d'élections, l'évènement tombe à pic. Attention néanmoins, pas d'orientation politique particulière promue ici.
Dès l'entrée dans le bâtiment, sur fond de musique entrainante, le visiteur est sollicité pour faire son speech. Il est accompagné vers une installation, située dans le grand hall, qui consiste en plusieurs caisses à savons disposées sur le sol, autour desquelles se massent une foule de curieux et la performance consiste à monter sur une de ces caisses et à faire un speech sur n'importe quel sujet, micro en main, caméra braquée sur soi. Inutile de vous dire que les désistements sont nombreux. Mais ceux qui se lancent ont des choses intéressantes à dire, on parle de Gandhi et de la paix dans le monde, de la crise actuelle.
Il y a aussi cette installation qui regroupe une dizaine de mécanismes-robots qui manipulent des G.I Joe, l'un à la tête à l'envers et est immergé de pétrole, l'autre est traîné de façon circulaire sur le sol et cela lui donne un aspect de marionnette, et tout ces mécanismes sont pourvues de mini caméras qui filment de près le soldat et dont la vidéo est reproduite sur une dizaine d'écrans à côté. Cela entraîne inévitablement une réflexion sur la guerre, l'armée et sa médiatisation.
Le thème traité étant la démocratie, le visiteur est inévitablement engagé dans ces performances et à chaque instant, on réalise l'importance de notre propre vision et le fait que cela donne à l'œuvre toute sa dimension. Il y a cette estrade où l'on peux faire du karaoké. Je l'ai fais! Et nous avons chanté, tout émoustillés devant les spectateurs certainement intrigués sinon amusés par notre accent français, la chanson de Frank Sinatra "My way".
La critique est également présente ici avec un ensemble de vidéos documentaires sur certains régimes politiques totalitaires ou des crises sociales, l'un d'eux mettant en lumière les cartoneros d'Argentine, ces gens "normaux" qui après la crise traversée par le pays au début des années 2000, se sont retrouvés à la rue et collectant du carton dans les poubelles pour le vendre au recyclage.
On passe un vrai bon moment ici de simplicité, de collectivité et de partage, on erre dans les différents espaces, et on oublie presque que c'est la froide et élégante Park Avenue qui nous attend dehors.
NB: Toutes mes excuses aux artistes, je n'ai pu retrouver leurs noms associés aux oeuvres mentionnées ici.
08:28 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : park avenue armory, democracy show
vendredi, 26 septembre 2008
Bronx Museum - Depuis 1950...que s'est-il passé dans la rue?
Il faut aller au nord de Manhattan, tout tout en haut, dans le tristement connu (pour sa violence) quartier du Bronx (qui a d'ailleurs depuis, beaucoup changé) pour voir l'exposition "Street art, street life" au Bronx Museum.
Si vous vous attendez à voir des tags, graffitis, et autres formes d'expression urbaine clandestine...faites demi-tour, ce n'est pas ici que vous les trouverez. Par l'expression "Street art, street life", la commissaire d'exposition a voulu désigner plutôt comment l'art s'est exprimé dans la rue et comment la rue a influencé les formes d'expression. Il s'agit plus d'un retraçage historique de cette expression. Organisée chronologiquement, l'exposition commence par les années 50-60 avec essentiellement des photographies d'artistes aujourd'hui mondialement reconnus tel cette photo intitulée Gun de William Klein (en-tête de l'article), et le "reportage-mise en scène" de George Maciunas des premières performances fluxus plutôt saugrenus mais aussi amusantes (ci-contre à gauche), il y aussi les affiches lacérées de Jacques de la Villeglé et celles de son ami Raymond Hains.
On peux visualiser le film de John Lennon et Yoko Ono intitulé Rape où l'on y voit une jeune femme traquée par une caméra dans la rue puis chez elle...sorte de métaphore autobiographique. Pour clôturer cette période, un autre film qui montre la performance dans la rue de l'artiste autrichienne Valie Export (c'est son "nom de scène") durant laquelle cette dernière porte une sorte de carton sur le buste. Le côté du carton le plus exposé est entrouvert par une brèche et les passants sont invités à mettre les mains dedans et par conséquence...tripoter la jeune femme! et ce devant tout le monde et la caméra (ci-contre à droite). L'idée étant de mettre en scène la concupiscence masculine...
La période des années 70-80 est marquée par des oeuvres plutôt en relation avec l'environnement lui même de la rue. On remarque le reportage de la performance d'un an (c'était sa "spécialité") réalisée par l'artiste coréen Teh-Ching Hsieh (en couverture du Dvd, ci-contre à gauche) pour laquelle il est resté exclusivement en extérieur (dans New-York), c'est-à-dire qu'il s'est refusé à rentrer dans quelque intérieur que ce soit: édifice, voiture, métro...la seule exception: son sac de couchage! ben voyons. Et aussi la nuit passée au poste qu'il n'a certainement pas voulu. L'ensemble de textes et photographies de Sophie Calle qui s'est fait suivre durant une journée par un détective privé, qu'elle a elle même espionné, sans que lui même le sache. Bref, vous voyez, pleins de choses intéressantes, enrichissantes sur une époque et ce que les artistes faisaient de décalé en extérieur, tout en mettant en scène ce dernier.
Enfin, la dernière période, celles des années 90 à aujourd'hui est plus globale dans le sens ou c'est la rue en Afrique, au Japon, en Chine qui est mise en scène...à travers des photographies couleur grand format, des performances vidéos, des entretiens de gens dans la rue. L'artiste coréenne Kimsooja par exemple se filme de dos dans la rue (cheveux noirs attachés sobrement) et l'on peux voir tous les passants qui gravitent autour d'elle, interpellés par son immobilisme en contraste avec la rue qui grouille. Leurs réactions sont diverses. La performance s'appelle Needdle woman (La femme aiguille, ci-contre à gauche). L'art est ainsi moins mis en scène que les personnes elles-mêmes, serait-ce donc le bilan aujourd'hui? la rue "occidentale" serait-elle devenue tellement ennuyeuse avec ses magasins standardisés, ses restaurants bon chic bon genre que les artistes n'ont plus envie de s'y exprimer? C'est très possible...et cela ne nous surprendrait pas. 21:00 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bronx museum, street art, street life
mercredi, 24 septembre 2008
Austrian Cultural Forum - une collection socialement engagée
La collection d'Art du Erste Bank Group de Vienne est de façon surprenante - pour une banque - socialement et politiquement engagée. Preuve en est cette exposition au Austrian Cultural Forum de la production artistique venue des Pays de l'Est (Autriche, Bosnie Herzegovine, République Tchèque, Pologne, Slovaquie, Serbie, Croatie) depuis l'année charnière 1968 jusqu'à aujourd'hui.
L'Art y est majoritairement conceptuel et performer et évoque le thème des genres masculin et féminin et l'évolution du féminisme. Par exemple, l'artiste née à Sarajevo, Šejla Kamerić évoque par son portrait photographique Bosnian Girl, 2003 (ci-dessus en en-tête) la tragédie de Srebrenica et les préjugés des autres envers nous et les notres envers les autres.
Il y a également un mur de dessins de l'artiste autrichien Ulrike Lienbacher qui avec des lignes précises représente le corps de femmes dans des positions intimes: se lavant, se séchant les cheveux, en petite tenue. Ces corps souvent stéréotypés et dont le regard est absent, font référence aux valeurs de propreté et d'ordre existantes dans notre société en opposition à la saleté.
Enfin, il y a cette vidéo - pas forçémment très en rapport avec le reste de l'exposition - intitulée I'll be your angel de l'artiste Tanja Ostojić qui accompagne Mr. Szeemann dans Venise durant l'ouverture de la Biennale lors de dîners, cocktails et conférences de presse. Réflexion sur le pouvoir dans le monde de l'art, la vidéo nous montre aussi "l'attraction touristique, la fête financière du monde de l'art, la soupe intellectuelle" qu'est la Biennale de Venise.
Il est un peu complexe de comprendre et de s'imprégner totalement de l'idée autour de cette collection, ainsi que de tisser des liens entre les oeuvres, mais il est intéréssant de pouvoir, aux Etats-Unis, voir les travaux d'artistes venus de pays aux histoires sociales et politiques complexes et douloureuses.
11:26 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : austrian cultural forum, erste bank group art collection
vendredi, 19 septembre 2008
Asia Society - l'Art chinois pendant et après la Révolution Culturelle
Me voici de nouveau à New-York...en quête de nouvelles émotions artistiques. L'automne est déjà là, les cours ont commencé et la liste des expos à voir se fait déjà longue. C'est parti.
Exposition d'actualité, Art and China's revolution à la Asia Society, qui retrace ce qu'à été la production artistique chinoise à l'époque de la Révolution Culturelle (des années 50 aux années 70). L'exposition devait comprendre de nombreuses oeuvres provenant de Chine mais c'était sans compter sur les Jeux Olympiques et la polémique qu'ils ont entraîné, les autorités chinoises ont ainsi refusé au dernier moment de prêter les oeuvres. Il reste néanmoins une belle sélection de tableaux et pièces...
Ce poster Chairman Goes to Anyuan de l'artiste Liu Chunhua (voir en en-tête de l'article) soulignant l'importance de cette ville minière Anyuan pour Mao où il avait soutenu le mouvement ouvrier et où il se rendait - une fois Président - tous les ans. Ce poster a - selon certaines sources - été le plus reproduit à l'époque, neuf millions de fois. Néanmoins, il avait été critiqué par le Parti pour deux raisons: Mao était seul alors qu'il aurait dû être représenté entouré du peuple et il était sur un fond de ciel bleu nuageux alors que Mao symbolisait le Soleil Rouge est donc le ciel aurait dû être sans nuages.
Une des salles de l'exposition présente des photographies prises durant la Révolution Culturelle, on y voit les Soldats Rouges acclamant Mao mais aussi des hommes accusés d'être contre-révolutionnaires portant autour du cou des pancartes de mea culpa et ce en place publique. Il y aussi une grande collection d'objets, à la limite du merchandising, des pin's, des poupées, de la vaisselle...et...une mangue commémorative! Vous avez bien lu! Il s'agit d'un hommage rendu à la générosité de Mao qui, à l'occasion de la visite de représentants du Pakistan, distribua au peuple les dix mangues offertes en guise de cadeau par ces derniers. La mangue devenait tout un symbole.
Ensuite, on passe dans une galerie de peintures grand format représentant Mao entouré par le peuple souriant, heureux, brandissant le fameux petit livre rouge, recueil de Citations du Président. Ouvrage qui se trouve d'ailleurs également exposé avec ses variantes en plusieurs langues dont l'hébreu. Il y a aussi une sculpture représentant une scène grandeur nature du paiment de l'impôt à l'époque "féodale" qui décrit la misère du peuple face à la dureté du propriétaire terrien, scène qui ne devait plus avoir lieu une fois Mao au pouvoir, ce dernier prêchant l'abolition de la bourgeoisie.
Toutes ces oeuvres sont celles réalisées sous la supervisation du Parti et surveillance accrue des Gardes Rouges, les artistes qui n'allaient pas dans ce sens (la plupart peignaient simplement des paysages ou selon les principes traditionnels chinois c'est-à-dire à l'encre sur papier, voir ci-contre à gauche) étaient accusés d'être contre-révolutionnaires et destinés à des camps de redressement dans la campagne où ils devaient faire des sessions d'autocritique. Durant la Révolution Culturelle, des milliers d'oeuvres traditionnelles furent détruites.
Exposition intéressante donc mais qui - logiquement - ne montre qu'un aspect des choses. Ainsi, si l'on veux connaître l'impact de la Révolution Culturelle sur la production des artistes aujourd'hui, on peux se rendre au Musée d'Art Moderne de San Francisco qui expose la collection Logan d'art contemporain chinois. On est saisis par cette façon d'exprimer le désarroi, le cynisme, le désespoir vécus par certains artistes chinois.
Les portraits de famille des annés 60 de Zhang Xiaogang (ci-contre à droite) dont la calme expression des visages n'a d'égale que la souffrance probablement vécue à l'intérieur, les sourires figés des peintures et sculptures de Yue Min (ci-contre à gauche) nous transmettent l'idée d'un grand malaise.
Mais j'ai personnellemnt reçu un coup au coeur en regardant ce tableau sans titre de Zhang Xiaogang représentant une tête d'enfant qui pleure, plongé dans l'obscurité et reposant sur un livre ouvert avec à côté une prise débranchée, ce tableau plus que jamais reflète pour moi le désarroi et la tristesse des gens à qui l'on interdit d'apprendre et donc de s'exprimer. C'est venu tout seul, j'ai versé des larmes.NB: Alex, je réclame un commentaire de ta part sur cet article!
15:05 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 01 septembre 2008
San Francisco - un maître verrier au de Young
Le Musée des Beaux Arts de Young à San Francisco accueille à l'heure actuelle - dans son bâtiment principal crée par les architectes Herzog et de Meuron - une exposition de l'artiste phénomène Dale Chihuly.
C'est époustouflant. Dans une succession de salles aux murs gris anthracite, les verres de Dale Shihuly resplendissent de beauté, et de sensualité. Tout d'abord, il y a la Forêt de verre constitutées de roseaux de verre blanc, énigmatique et fantasmagorique, elle est illuminée par des néons bleus, c'est une belle entrée en matière.
Ensuite il y a la série des verres vénitiens, objets fastueux sur lesquels une nature (de verre) sauvage et d'un autre monde se reflète (voir ci-contre) brillamment. Avec la série des Vénitiens, Dale Chihuly nous rappelle les couleurs somptueuses utilisées par les célèbres artistes de cette ville au XVIIè s.
La salle suivante présente des verres plus importants en taille, plus imposants, ce sont les verres Ikebana qui font inévitablement référence à l'art japonais de composition florale. Ensuite, viennent les verres inspirés par la culture des indiens d'Amérique et qui sont exposés avec des paniers à tabac originaux, la confrontation des deux arts est, malgré leurs différences de supports et de fins, une vraie réussite esthétique (voir ci-contre à droite).
Une des salles présente Mile fiori, véritable jardin intérieur composé de mille fleurs aux formes étranges et couleurs vives, nos yeux sont captés par l'ardeur du rouge, le surréalisme du vert, l'éclat du jaune.
Enfin, une autre salle présente deux barques côte à côte, réminiscence de jeux d'enfants, l'une contient des ballons de verre de toute taille, toute couleurs, tous motifs tandis que l'autre regorge d'extrémités de tiges qui peuvent être gondolées, en tire-bouchons, palmées, arrondies...La seule pensée de la logistique nécessaire à l'installation de cette oeuvre donne des frissons! Je ne peux pas tout vous raconter ici...mais je suis ressortie de l'exposition comme une enfant qui vient de découvrir des merveilles et qui tient à garder le secret au plus profond de lui le plus longtemps possible.
03:10 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 26 août 2008
Santa Barbara - quelques pièces d'intérêt, beaucoup d'artistes secondaires
Au musée d'art de Santa Barbara, il y a bien l'exposition actuelle de photographies de tournages de films dans le Hollywood des années 50. On peux y admirer également les quelques pièces importantes d'art antique tel ce sculptural Landsdown Hermes (ci-contre), copie romaine d'une statue grecque dont le "pendant" (ils appartenaient au même lord Landsdown, d'ou le nom) se trouve à la Getty Villa (voir l'article à ce sujet ici).
Enfin, quelques exceptionnelles peintures comme cette Femme cheval de Marc Chagall (ci-contre), poignant portrait de l'être aimé perdu qui marquera la reprise de son activité par le peintre un an après la douloureuse perte; le nébuleux Le miel est plus sucré que le sang de Salvador Dalí; des sculptures aussi avec un buste particulièrement expressif d' Aristide Maillol (ci-dessus) qui nous a habitué à plus d'abstention dans ses oeuvres.Le reste de la collection est complété par de nombreuses oeuvres d'artistes secondaires des mouvements impressionistes (la plupart américains), post-impressionistes, expressionstes abstraits et minimalistes. Ce qui est, au demeurant, intéressant, puisque les ocasions de connaître ces derniers sont rares, les grands musées ayant toujours des difficultés à exposer ne serait-ce que l'ensemble de leurs collections d'oeuvres d' artistes majeurs.
03:55 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 22 août 2008
Santa Monica - profusion de galeries à Bergamot Station
Bergamot Station est un centre de galeries d'art au nord de Santa Monica. Le concept? Dans un environnement qui mélange le style factory et des alignements de citronnier (à voir...), une galerie d'art après l'autre. Et il y en a plus d'une trentaine! Un vrai paradis, c'est le paradis de la gallerie! Je ne les passerai pas toutes en revue...juste quelques coups de coeur.
Ali Smith chez Mark Moore Gallery: cette artiste émergente utilise des couleurs très intenses et applique la peinture de manière presque viscérale. Les toiles sont abstraites et une certaine tension toujours là, crées par les différents flux des coup de pinceau.
Craig Krull Gallery présente une magnifique exposition de photographies de Jennifer Gough-Cooper. Les sujets sont des petites sculptures d' Auguste Rodin, des couples enlacées, des figures recroquevillées...c'est bouleversant de finesse et on voit rarement des photographies de sculptures atteindre ce type de rendu où l'émotion reste intacte et s'en trouve même amplifiée.
03:30 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 21 août 2008
Los Angeles - sujets existentiels au MOCA
Malgré une grosse déception dûe à la fermeture de la collection permanente du Museum of Contemporary Art de Los Angeles le jour de ma visite, j'ai tout de même pu me mettre sous la dent l'exposition Mesurer sa propre tombe de l'artiste Marlene Dumas. Je sais, ça n'a pas l'air réjouissant. Et bien, ça ne l'est pas. Néanmoins, c'est intéressant.
Marlene Dumas analyse et exprime ici, à travers ses nombreuses peintures, des thèmes existentiels tels que la vie, la naissance, la pornographie, la mort. Les portraits réalisés dépeignent ainsi des nouveaux-nés ou jeunes enfants tel celui-ci (ci-contre) appelé Le peintre, qui représente la fillette de l'artiste après une session de...peinture. Ils abordent aussi des sujets plus graves tel que les excès de la pornographie avec des scènes plutôt crues (même si elles sont toujours très floues) et la mort.
La particularité de Marlene Dumas est qu'elle peint sur la base de photographies polaroid. Ce qui est très étrange car les portraits de l'artiste émanent une grande sensibilité comme si le modèle avait posé, comme si l'artiste et le modèle se connaissaient. La photographie de classe ci-contre à gauche, apellée La maîtresse est l'oeuvre la plus connue de l'artiste et c'est par ce tableau que sa méthode (peinture à base de polaroid) a été révélé au début des années 70.
Néanmoins, les portraits de Marlène Dumas sont les étoiles de cette exposition de moitié de carrière (ci-contre, un autoportrait). Je note également le positionnement des tableaux, soit au ras-du-sol, soit très haut sur le mur...rien n'est laissé au hasard et surtout rien ne nous laisse indiférent.
04:55 Publié dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










