jeudi, 14 août 2008
Los Angeles County Museum of Art - Concision et didactisme à la clé
Me voilà à Los Angeles. Ville mythique, immense et...essentiellement connue pour son industrie cinématographique. Pas de Beverly Hills pour moi, ni de visite de maisons de stars en bus...pas de Rodéo Drive, non merci, le luxe c'est out-of-date, en revanche de l'art, beaucoup d'art...que de l'art.
Mon premier musée: le LACMA, Los Angeles County Museum of Art, institution reconnue, dynamique (le musée s'est récemment agrandi avec la collection Broad, nous en reparlerons) et dont la collection permanente couvre l'art européen à partir du XIIIè. s jusqu'à aujourd'hui, en passant par les arts premiers (africain, chinois, coréen, latino-américain) et des pièces exceptionnelles d'art japonais. Point très important, les textes explicatifs des commissaires dans chaque salle sont d'une extrême clarté et très pédagogique. Il me semble qu'en Californie, l'heure est moins à l'intellectualisation de l'art (comme à New-York) qu'à l'ouverture au grand public.
Mes coups de coeur vont à certaines oeuvres d'art moderne...une découverte tout d'abord avec une oeuvre de Light Art de Thomas Wilfred, né Richard LØvstrom (Danois). Il s'agit d'un écran à travers lequel on peux voir les lents et étranges mouvements de faisceaux lumineux changeant de couleurs. La durée de la vidéo est de un peu plus d'un an (...!), mieux vaux s'asseoir pour savourer cet instant magique durant lequel la lumière prend ses plus belles formes.
La sculpture Dancing men de Joel Shapiro, artiste que je commence à connaître (vu dans Chelsea, par exemple) et à apprécier, est tellement vivante!! Tout en maintenant des formes très rigides (carré, rectangle), l'artiste arrive à donner du rythme à sa sculpture.
J'ai eté fascinée par la pureté du White center de Mark Rothko et l'équilibre qui existe entre ses couleurs et ses formes. L'expressionisme abstrait est assez bien représenté au LACMA avec également la Vue de Marseille de Nicolas de Staël, les grandes toiles dénuées de gestuelle (coups de pinceau) de Morris Louis et les carrés de couleur de Hans Hofmann. Ce mouvement constitue l'apport le plus notable des américains dans l'histoire de l'art.
L'oeuvre de Pablo Picasso est assez complète ici, avec pour commencer, l'énigmatique Portrait de Sébastien Juñer Vidal de la période bleue, Femme au voile bleu de la période néo-classique, des sculptures et beaucoup de portraits d'après-guerre. Ma préférence va aux Femmes d'Alger, après Delacroix ci-contre, la grâce "Picassienne" qui émane du tableau est à la hauteur de celle des "vrais" femmes d'Alger représentées par Delacroix.Je pourrais aussi vous parler des oeuvres de Marcel Duchamp, Joan Miró, Constantin Brancusi, Frank Stella que j'ai eu la chance de voir au LACMA, mais ce serait bien trop long à raconter!
07:00 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne, Expressionisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 30 juillet 2008
MoMA - Les scènes de rue de Kirchner
La série de tableaux Scènes de rue du chef de file des expressionistes allemands, Ernst Ludwig Kirchner est présentée au public depuis aujourd'hui, au MoMA. Déjà impressionnée par les oeuvres expressionistes de la collection du Thyssen-Bornemisza, j'y suis allée avec grand enthousiasme.
Après avoir déménagé de Dresden (1909) pour Berlin, Krichner se retrouve un peu seul et isolé dans cette capitale européenne (qui passera, pour l'anecdote, de 850.000 habitants en 1870 à 2 millions en 1900) et se met à peindre des scènes de rue dont les personnages principaux sont d'élégantes prostituées et des hommes, toujours un peu en retrait.
Les formes semblent découpées sous les coups agités et nerveux du pinceau et les couleurs sont stridentes, Kirchner n'hésite pas à allier des couleurs du même ton (jaune, rose) telle la scène de rue ci-dessus (en en-tête) ou ce trottoir rose dans Scène de rue, Dresden ci-contre. On note également que Kirchner peint des femmes alongées et élancées à Berlin, alors qu'elles sont plutôt toutes en rondeurs à Dresden. L'exposition est acompagnée des travaux préparatoires du peintre, de dessins de nus (concept artistique fondamental au sein du groupe Brücke formés par Kirchner et d'autres artistes), de cahiers de croquis et, jolie touche finale, d'un autoportrait au carbone sur fond jaune.
Ma préférence va à la danse endiablée des Panama Dancers (1910-1911) ci-dessous. On dirait qu'elle papotte tout en sautillant, c'est plein de rythme, j'adore!
04:55 Publié dans Expressionisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 06 juin 2008
une vue à 360 degrés de l'histoire de l'art

Type : Collection permanente
Lieu : MUSÉE THYSSEN-BORNEMISZA, MADRID
baron, baronne Thyssen-Bornemisza...veuillez m'excuser mais je n'ai pas eu le courage de commencer depuis le début, la visite de votre collection...j'ai eu le mauvais goût de zapper les oeuvres de la Renaissance et du Classicisme. il faut dire que le musée du Prado m'avait donné pleine satisfaction à ce sujet. mais cela n'est pas une excuse, j'en conviens.
et puis votre collection est si connue pour ses oeuvres expressionnistes, que je n'ai pas pu attendre!!
j'ai néanmoins commencé par les peintures du XVIIIè. s., sur lesquelles on peut observer une nouvelle société se faisant jour à l' époque, je parle bien sûr de la bourgeoisie et donc du mouvement rococo. Qu'elle est joliment représentée la frivolité dans les oeuvres d'Antoine Watteau (ah ces fêtes galantes!), François Boucher, Jean-Honoré Fragonard (ah! ces drapés, cette texture poudreuse, ces joues délicatement rosées, quel bonheur). Ci-contre La balançoire de Fragonard.le plaisir est amplifié grâce à l'exposition des oeuvres: elles sont à hauteur d'hommes, à taille humaine (au Prado, leur immensité crée nécessairement une distance), on peut s'approcher, se délecter de tous les détails.
le premier clou du spectacle, ce sont les impressionnistes exposés, leurs précurseurs (Courbet, Manet) et leurs successeurs (Van Gogh). peinture réactionnaire à l'académisme
ambiant de la fin du XIX è s., les impressionnistes peignaient des scènes de café, de cabarets, de maisons de tolérance, bref ils aimaient représenter la réalité de la vie moderne de l'époque. La rue Saint-Honoré après midi. Effet de pluie. de Camille Pissaro, ci-contre, est tout simplement saisissant de réalité, la Danseuse basculant de Edgar Degas, si délicatement penchée qu' on en retient son souffle. le second clou du spectacle, ce sont les expressionnistes. la collection Thyssen en est riche, les quatre expressionnistes allemands les plus reconnus sont présents Egon Schiele, Ernst Ludwig Kirchner (voir le fascinant Fanzine devant une chaise sculptée), Erich Heckel et Emil Nolde. sur ces oeuvres, les couleurs se confrontent mais demeurent harmonieuses et on sent l'influence du primitivisme. viennent ensuite les peintres allemands de la Nouvelle Objectivité (réalisme et satyrisme), Otto Dix, George Grosz, dont l'art fut à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale, qualifié de dégénéré et qui furent interdits d'exposition. raison pour laquelle ils migrèrent aux Etats-Unis.
enfin, la collection s'achève avec un magnifique ensemble de peintures des avant-gardes expérimentales du XXè s., elles y sont toutes, cubisme, futurisme, dadaïsme, rayonisme, suprématisme...elles y sont toutes!! la peinture qui se libère de toute contrainte matérielle et de tout académisme. quelques oeuvres particulièrement marquantes? Peinture avec trois tâches de Vassily Kandinsky, Vert sur mauve de Rothko...mais ceci est très personnel.
10:40 Publié dans Art Contemporain, Art du XVIIIè. s., Art Moderne, Expressionisme, Impressionisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 11 septembre 2007
Van Gogh – un épilogue

c'est un moment de recueillement et de tranquilité. l'exposition "Les derniers paysages" de Van Gogh au Musée Thyssen rassemble une partie de l'oeuvre du peintre, celle des 70 derniers jours, avant sa fin tragique (juillet 1890).
parti à Auvers-sur-Oise (mai 1890), petit village à une heure de train de Paris où Cézanne et Pissaro avaient quelques années auparavant exercé leur talent (Auvers fût le lieu de renouvellement de la peinture de paysage moderne) Van Gogh peignit des paysages, frénétiquement, et quelques portraits.
la nature toujours, les maisons du village surtout, très insistants sur les couleurs des toits, qui relèvent les changements urbanistiques de l'époque: des vieilles huttes aux toits de paille, souvent jaunâtre ou marrons aux nouvelles maisonnées, colorées et ardoisées.
Vincent Van Gogh durant ses derniers jours, était pressé de peindre, tellement pressé, qu'il aimait peindre à la gouache, ça sèche plus vite!
il disait qu'il essayait ainsi d'exprimer le passage désespérémment rapide des choses dans la vie moderne. et ce, à la fin du XIXè s.!! que dirait-il aujourd'hui!?
la peinture de Van Gogh ne m'a pas captivée, ni enchantée, n'a pas éveillé ma curiosité.
néanmoins, ces couleurs de toits vives et pâteuses, ces chemins et rivières tortueux qui invitent, ces compositions aux hautes lignes d'horizon (tout à fait différent d'ailleurs de Patinir), ces figures limite fantomatiques et ce talent de figer un instant tel qu'un coup de vent dans un chant de coquelicot. tout cela est très séduisant et je n'ai pu m'empêcher de ressentir une certaine nostalgie, celle d'une nature que je n'ai jamais connu.
personnellement, je suis sortie avec l'impression de ne pas avoir assez contemplé...tout de même, c'est du Van Gogh.
Évènement : VAN GOGH. Les derniers paysages.
Type : Exposition
Lieu : Musée Thyssen-Bornemisza
Dates : 12/06 au 16/09
23:55 Publié dans Expressionisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 20 juillet 2007
Nicolas de Staël – 13 ans de bonheur?

une lutte, une saturation, une profusion de couleurs! du rose bonbon sur de l'orange éclatant ("Figures au bord de mer"), du jaune et du mauve sur du vert clair (agrigente), des couleurs l'une sur l'autre, l'une face à l'autre, l'une contre l'autre.
chez Nicolas de Staël (1914-1955), la couleur fait tout, elle crée l'espace, les formes et les coups de spatule, bien marqués à certains endroits, sont là comme pour dire la violence que suppose l'acte de peindre.
un des mes préférés: "Paysage au ciel rose". À première vue, 4 couleurs (rose, rouge, bleu, gris) "remplissent" une toile, après observation un peu plus poussée, un magnifique paysage de plage, le ciel est rose...et alors? l'important n'est-il pas de voir le paysage et apprécier sa beauté atypique?
Nicolas de Staël disait "Je dois peindre parce que cela m'aide à vivre" et il peint durant un peu plus de 13 ans. un grand merci pour avoir vécu ses années aussi intensément.
Évènement : STAËL
Type : Exposition
Lieu : Salle d’exposition de la Pedrera - Barcelone
Dates : 19/06 au 24/09
23:45 Publié dans Expressionisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expressionisme, nicolas de staël, la pedrera, caixa catalunya barcelone



