vendredi, 06 juin 2008
une vue à 360 degrés de l'histoire de l'art

Type : Collection permanente
Lieu : MUSÉE THYSSEN-BORNEMISZA, MADRID
baron, baronne Thyssen-Bornemisza...veuillez m'excuser mais je n'ai pas eu le courage de commencer depuis le début, la visite de votre collection...j'ai eu le mauvais goût de zapper les oeuvres de la Renaissance et du Classicisme. il faut dire que le musée du Prado m'avait donné pleine satisfaction à ce sujet. mais cela n'est pas une excuse, j'en conviens.
et puis votre collection est si connue pour ses oeuvres expressionnistes, que je n'ai pas pu attendre!!
j'ai néanmoins commencé par les peintures du XVIIIè. s., sur lesquelles on peut observer une nouvelle société se faisant jour à l' époque, je parle bien sûr de la bourgeoisie et donc du mouvement rococo. Qu'elle est joliment représentée la frivolité dans les oeuvres d'Antoine Watteau (ah ces fêtes galantes!), François Boucher, Jean-Honoré Fragonard (ah! ces drapés, cette texture poudreuse, ces joues délicatement rosées, quel bonheur). Ci-contre La balançoire de Fragonard.le plaisir est amplifié grâce à l'exposition des oeuvres: elles sont à hauteur d'hommes, à taille humaine (au Prado, leur immensité crée nécessairement une distance), on peut s'approcher, se délecter de tous les détails.
le premier clou du spectacle, ce sont les impressionnistes exposés, leurs précurseurs (Courbet, Manet) et leurs successeurs (Van Gogh). peinture réactionnaire à l'académisme
ambiant de la fin du XIX è s., les impressionnistes peignaient des scènes de café, de cabarets, de maisons de tolérance, bref ils aimaient représenter la réalité de la vie moderne de l'époque. La rue Saint-Honoré après midi. Effet de pluie. de Camille Pissaro, ci-contre, est tout simplement saisissant de réalité, la Danseuse basculant de Edgar Degas, si délicatement penchée qu' on en retient son souffle. le second clou du spectacle, ce sont les expressionnistes. la collection Thyssen en est riche, les quatre expressionnistes allemands les plus reconnus sont présents Egon Schiele, Ernst Ludwig Kirchner (voir le fascinant Fanzine devant une chaise sculptée), Erich Heckel et Emil Nolde. sur ces oeuvres, les couleurs se confrontent mais demeurent harmonieuses et on sent l'influence du primitivisme. viennent ensuite les peintres allemands de la Nouvelle Objectivité (réalisme et satyrisme), Otto Dix, George Grosz, dont l'art fut à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale, qualifié de dégénéré et qui furent interdits d'exposition. raison pour laquelle ils migrèrent aux Etats-Unis.
enfin, la collection s'achève avec un magnifique ensemble de peintures des avant-gardes expérimentales du XXè s., elles y sont toutes, cubisme, futurisme, dadaïsme, rayonisme, suprématisme...elles y sont toutes!! la peinture qui se libère de toute contrainte matérielle et de tout académisme. quelques oeuvres particulièrement marquantes? Peinture avec trois tâches de Vassily Kandinsky, Vert sur mauve de Rothko...mais ceci est très personnel.
10:40 Publié dans Art Contemporain, Art du XVIIIè. s., Art Moderne, Expressionisme, Impressionisme, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 23 mai 2008
Peintures européennes durant le Siècle d'Or

Type : Collection permanente, premier étage
Lieu : MUSÉE DU PRADO, MADRID
on ne peux pas dire que les peintres français ont la côte au Prado. exposés dans deux petites salles au bout de l'aile Ouest...en revanche on ne pourra pas discuter la qualité des oeuvres en question. Philippe IV, monarque espagnol du XVIIè s., immense mécène de son époque, appréciait particulièrement Claude Le Lorrain, paysagiste classique et Simon Vouet, peintre baroque à la cour de Louis XIII. Nicolas Poussin est présent avec notamment Le Parnasse ou on admire les muses d'Apollon (quel veinard!). on note que les coloris intenses de l'oeuvre rappelle l'influence du Titien.
continuons dans l'art du XVIIè s. mais du côté des italiens...ah! la peinture baroque italienne! ces clairs-obscurs du Caravaggio (David et Goliath), ces thèmes classiques audacieusement peints tel La Vierge à la chaise de Guido Reni où l'enfant Jésus, en posture debout aux pieds de la Vierge, regarde de face l'observateur, et le naturalisme des oeuvres de le Guerchin.
Il y a également L'offrande à Vénus, de Titien, qui regorgent de chérubins angéliques; la sensualité de l'orgie représentée dans la Bacchanale...les italiens avaient vraiment le sens de la fête.
passons maintenant au dramatique exacerbé des spiritualités nordique et espagnole.
sachant que les espagnols ont dominé les Pays-Bas entre le XVIè. et le XVIIIè s., nous retrouvons au Prado des artistes flamands les plus connus que sont, pour le XVIIè s., Pierre-Paul Rubens, Antoine Van Dyck et Jacob Jordaens, ainsi que Jan Bruegel dit de velours. Ce dernier nous délecte de sa série de tableaux dédiée aux sens: la vue, tableau regorgeant lui-même de tableaux et sculptures; l'ouïe avec tous les instruments de musique représentés; l'odorat et sa profusion de fleurs délicates et enfin le goût, avec quantités de mets (qui donnent d'ailleurs l'eau à la bouche). Le détaillisme, caractéristique des flamands, est poignant, c'est un vrai bonheur pour les yeux et on se prend au jeu d'identification des détails curieux.
enfin et bien sûr les oeuvres clés de Rubens telles les Trois Grâces, pour l'anecdote...la Grâce de gauche est inspirée de la très jeune femme (16 ans) du peintre alors qu'il en avait...60!
à voir aussi, quelques oeuvres du maître hollandais Rembrandt dont la majestueuse et tragique (elle s'apprête à boire du poison) Artemisia.
venons-en aux espagnols...il s'agit tout de même...de leur musée! bénéficiant des salles les plus amples et majestueuses, on retrouve les fameuses Ménines de Diego Vélasquez, il y a quelques années de cela, les américains proposèrent un chèque en blanc (!) aux espagnols pour acheter le tableau...ils eurent droit à un refus catégorique.
le changement des thèmes par rapport à l'art italien et flamand est assez flagrant. Vélasquez ne raffolait pas du sacré et lui préférait de toute évidence l'humanisme des portraits (très variés: nobles, nains, fous...), les natures mortes, et aussi bien sûr ces oeuvres sur la mythologie.
Néanmoins, l'époque du baroque espagnol n'en reste pas moins celle de la Contre-Réforme, et les thèmes de José de Ribera, Bartolomé Esteban Murillo, Francisco de Zurbarán et Alonso Cano étaient souvent très religieux, pompeux dans leur décoration et exagérés dans leur mouvement.
A ne pas rater aussi, la sculpture de l'Hermaphrodite de Matteo Bonarelli de Lucca, reproduction de celle du Louvres mais d'une qualité exceptionnelle, d'aucuns disent même qu'elle serait de plus grande qualité.
10:20 Publié dans Art Baroque, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 05 mai 2008
Mucha - L'Art de l'affiche selon Mucha

l'exposition "Alphonse Mucha, Séduction, Modernité et Utopie", présentée à Caixa Forum (dernier venu des hauts lieux artistiques madrilènes) est tout simplement incontournable. il est en effet, assez rare qu'un évènement artistique allie, tel que celui-ci, la profusion d'oeuvres d'importance, la qualité de l'organisation, la finesse du décor et l'agréable atmosphère du lieu.
il faut dire que l'univers de Mucha est riche en iconographie féminine. la femme est partout, et sublimement dessinée, elle est Actrice d'une part, telle Sarah Bernhardt, actrice reconnue du début du XXè. s. et qui fût le plus grand mécène de l'artiste (elle lancera sa carrière en lui commandant de nombreuses affiches théâtrales); la Femme selon Mucha se fait symbole d’autre part dans les séries d’affiches telles que "La musique, la poésie, le chant, la danse" ou "Printemps, Été, Automne, Hiver", "Brune, Blonde", "Les fleurs" et tant d'autres.
L’omniprésence des fleurs aussi. Roses, iris, œillets, lys, elles enrichissent les œuvres de leurs pétales, tiges, ramifications…et dénote l'influence japonisante caractéristique du mouvement Art Nouveau, dont Mucha fut un des représentants les plus importants.
oui, Mucha est connu pour ses affiches publicitaires: papier à cigarettes JOB, bicyclettes, biscuits Lefèvre,…certes. Mais il est important de dire qu’avant lui, les affiches étaient celles de "La Tournée du Chat noir" et "La Goulue"...et là on réalise ô combien il aura apporté en finesse à cet art, avec ce souci du détail; ces innovations chromatiques avec l’introduction de l'argenté ; enfin en stylisant les figures par leur allongement.
tout au long de sa carrière, ce moldave de naissance a également réalisé des toiles monumentales telles que celles de l'Epopée slave, son oeuvre majeure, puis des décors de théâtre et de magasins (le German Theatre à New-York, la bijouterie Fouquet's à Paris) et aussi le pavillon de la Bosnie-Herzégovine lors de l'exposition internationale de Paris. Mais la reconnaissance populaire lui viendra des Etats-Unis.
enfin pour couronner le tout, la façon dont le parcours du visiteur est organisé est incroyablement ingénieuse dans le sens qu'elle est créatrice d'ambiance et esthétiquement chaleureuse. on prend du plaisir à suivre les oeuvres le long des murs pastels en demi-cercles, à entrer dans les petites sales rondes telles des "boudoirs" qui crée une vraie intimité avec les oeuvres.
l'exposition est superbe, toutes nos félicitations à Alex Mitrani, commissaire de l'exposition ainsi qu'à la Fondation Mucha, dirigée par John Mucha, le petit-fils de l'artiste.
Un conseil: amenez-y vos enfants, ils vont adorer cet artiste, qui dès son plus jeune âge aimait tant dessiner qu'il se promenait un crayon attaché autour du cou...
Événement : ALFONS MUCHA (1860-1939), SEDUCCION, MODERNIDAD Y UTOPIA
Type : Exposition en accès libre
Lieu : CAIXAFORUM, MADRID
Dates : 30 avril au 31 août
22:15 Publié dans Art Nouveau, Madrid | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 23 avril 2008
Picasso - encore et toujours...

le musée Picasso de Paris est en travaux, au grand bonheur du Reina Sofía qui a la chance de pouvoir hériter un temps (jusqu'au 5 mai) de ses œuvres. L'union des deux collections (le musée espagnol possède déjà certaines des plus belles oeuvres de l'artiste) est explosive.
rien d'étonnant à apprendre que l'exposition a déjà battu le record d'affluence avec 10.000 visiteurs par jour, durant la première semaine. et si cela continue, elle pourrait faire partie des expositions les plus visitées en Espagne en 2008. suspense.
organisée en 4 tranches de vie, pendant lesquelles Picasso a crée intensément (cette phrase pourrait être un pléonasme tant sa production artistique est exhaustive), cette rétrospective met en lumière des œuvres géniales de l’artiste, mais aussi ses œuvres plus personnelles.
la période bleue d'abord (1895-1924), Picasso dans toute sa splendeur monochrome. C’est une vague de désespoir - il perd son ami Carlos Casagemas - et de solitude - jeune peintre exilé à Paris - que l'on ressent, tout particulièrement dans l'observation de son autoportrait. il a 20 ans, il en paraît 40. C’est aussi une grande tristesse qui s’exprime notamment à travers la gravure "La comida frugal", portrait d'un couple miséreux et "La Celestina", peinture hautement énigmatique.
mais Picasso renaît, fréquente des poètes tel Apolinaire, des peintres tels les catalans de l’avant-garde espagnole, sculpte des têtes de femmes et des masques primitifs (1906: on est en pleine découverte de l'art africain) et peint "Trois figures sous un arbre", Cézanne n'est pas loin.
Déjà la stylisation des formes, leur géométrisation au "détriment" du naturel.
Puis vient leur désintégration avec notamment la sculpture "Tête de Fernande" (1909). Le cubisme est né. Il se fera analytique et hermétique.
1920: Rencontre d'Olga, la ballerine. Picasso entre dans sa période néo-classique (1923), prend en maturité et commence l'étude des "Demoiselles d'Avignon" (les études présentes satisfont notre curiosité...mais pas notre soif de voir le tableau, qui est au MOMA à New-York).
1925 est une année clé (début de la deuxième période), les sculptures de têtes de femme foisonnent, elles sont magnifiquement exposées, isolées au centre de haut cubes blancs, puis vient la gaieté de la série des baigneuses, Picasso passe alors ses étés à Dinart en Bretagne.
La violence sexuelle de "Figures au bord de la mer" surprend quelque peu, fascine et frôle le surréalisme.
La confrontation des deux tableaux illustrant une femme sur chaise rouge est également fascinante.
1934: Rencontre de la très jeune Marie-Thérèse. muse de son inspiration, il sculpte son visage, le déforme.
Troisième partie, 1936-1951. Picasso est magistral, il se révèle victime et bourreau avec les représentations du Minotaure. Celles des taureaux et des chevaux déchirés et souffrants sont violemment expressives. il culmine avec Guernica. Les photos de mutilés de Zimmermann ajoutent à cette partie une touche de réalité brute. Étrangement, on doute. Laquelle des deux violences est la plus dérangeante?
Picasso dira "La peinture est une arme, il faut s'en servir". La guerre sera son adversaire.
Puis viennent les portraits de Dora Maar, femme fatale; de Marie-Thérèse, femme candide; et de Nush Eluard, femme distinguée. Les couleurs sont magnifiques et les personnalités se devinent.
Dernière partie de l'exposition, qui respire la liberté, la sérénité acquise du peintre, auprès de ses enfants et de Françoise - à voir absolument les trois portraits d'elle, successivement au crayon, carbone et pastel.
Mais pas de répit pour Picasso, jusqu'à dernier souffle, qui n'aura eu de cesse de créer encore et toujours, de transformer cette réalité en "autre chose".
Évènement: LA COLLECTION DU MUSÉE NATIONAL PICASSO DE PARIS
Type : Exposition rétrospective.
Lieu : Musée Reina Sofía
Dates : 06/02/08 au 05/05/08
00:10 Publié dans Art Moderne, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 29 mars 2008
Luca Giordano - la survie d'un Palais

bon ok, il aura fallu à peu près 10 ans pour finir de le rénover. mais qui a dit qu'en Espagne les choses se faisaient rapidement? et puis, qui a dit que c'était chose facile?
pas moi.
Philippe IV d'Espagne, homme politique médiocre mais immense mécène fit édifier le Palais du Buen Retiro, à Madrid. Aujourd'hui, il n'en reste presque rien, si ce n'est, entre autres, le Casón du Buen Retiro, lieu de réception royal.
pour célébrer sa ré-ouverture, on peut le visiter en accès libre (!!) et admirer la magnifique voûte peinte à la fresque par Luca Giordano (1634-1705), grand peintre baroque de son époque.
Ce dernier fût, malheureusement plus connu pour la qualité de ses copies "Alla maniera di" que pour son talent, qui lui, était authentique. Il s'amusait d'ailleurs à ne pas signer ses oeuvres copies afin de porter à confusion le public.
Pour en revenir à la voûte, je ne peux malheureusement pas trop vous en parler car le jour de ma visite, j'étais prise d'un fort torticolis, ce qui m' empêcha d'observer méticuleusement l'oeuvre...
mais si vous vous promenez au Retiro, pensez à vous arrêter au Casón, les gravures, peintures et la voûte valent le détour.
Évènement : LUCA GIORDANO AU CASÓN DU BUEN RETIRO
Type : Exposition en accès libre
Lieu : CASÓN DU BUEN RETIRO, MADRID
Dates : 21 février au 4 mai 2008
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dimanche, 23 mars 2008
Diego Velásquez - l'autre Velásquez

on ne présente plus Diego Velásquez. Plus grand peintre du baroque espagnol (XVIIè s.), fameux pour ses portraits royaux (Les Ménines), Philippe IV le nommera peintre du roi. Et aujourd'hui, le prix d'arts plastiques le plus convoité en Espagne, porte son nom.
L'exposition au Prado qui lui était consacrée a cela de particulier qu'elle présente autre chose que ses portraits royaux...mais quoi donc?
je vous sens intrigués.
Apollon annonçant à Vulcain l'adultère de sa femme Vénus, Bacchus triomphant, les fils de Jacob se présentant à leur père pour l'informer de la mort de son fils préféré (alors qu'ils l'ont vendu eux-mêmes), Vénus se regardant dans un miroir, voici quelques scènes peintes magistralement par Velásquez, sous l'influence de Rubens, Le Caravage, El Greco ou encore Dürrer.
Le naturel de ces peintures et leur réalisme sont poignants. Et ils le sont encore plus lorsque Velásquez aborde la fable religieuse. Quoi de plus émouvant que "La tentation de Saint Thomas" ou ce dernier, épuisé et effondré, se laisse consoler par deux anges, alors qu'il vient de lutter victorieusement contre la tentation de la chair? Quoi de plus spectaculaire que "Le couronnement de la Vierge", représentation de la gloire céleste, empreint de baroque italien, muni des plus beaux pourpres violacés et bleus.
mais je vais bien me garder de vous parler des deux plus belles histoires peintes, présentées à la fin de l'exposition, et qui font partie de la collection permanente du Prado...les dés sont jetés!
00:10 Publié dans Art Baroque, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 09 février 2008
Andy Goldsworthy - un oeuf de bois

si je vous dis qu'en ce moment, au coeur du retiro à Madrid, dans le magnifique Palacio de cristal, repose un oeuf en bois géant...me croyez-vous? difficile. mais vrai!
Organisée par le Musée Reína Sofia, cette "exposition" de l'oeuvre de l'artiste Andy Goldsworthy est vraiment curieuse. Tout d'abord, de l' exterieur du palais, curieuse impression que cette montagne de bois en forme d'igloo occupe presque tout l'espace. Ensuite, de l'intérieur, on peux rentrer dans ces "entrailles de l'arbre". il n'y a rien là-dessous si ce n'est une sensation bizarre de voir le monde et sa lumière de l"intérieur".
je m'incline devant la prouesse technique qu'a dû représenter ce montage. les troncs d'arbre entiers et intacts gigantesques, courbés - je ne sais grâce à quel outil - afin d'adopter la forme ovale.
00:05 Publié dans Art Contemporain, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 23 décembre 2007
assez du rococo!

finesse, beauté, douceur, simplicité, voila tout ce qui vient à l'esprit lorsque l'on observe les délicats objets d'art présentés à l'exposition "Le goût à la grecque. Naissance du néoclassicisme français." au Palais Royal de Madrid.
des artistes influencés par leurs voyages en Italie, un Roi favorable aux arts, des mécènes tels que Madame de Pompadour, Madame du Barry, ...un savant mélange de circonstances qui virent le style rococo - présent depuis le début du XVIII è s. dans les demeures et palais - remplacé (v. 1760) par le style néoclassique, inspiré des découvertes des merveilles de l'Antiquité telles les statues, les fresques, les temples.
l'exposition, en plus d'avoir lieu dans les grandes salles majestueuses et épurées du Palais Royal, est une vraie merveille tant par la beauté des objets exposés que par leur variété. tiens voici un tondo* de Psyché surprenant l'Amour qui dort, et là, un vase Duplessis, des porcelaines de Sèvres...! et ceci sans fin, des orfèvreries, des vaisselles, des gravures, des sculptures, des meubles, des tabatières (mes préférés, au-dessus, un écusson, au-dessous, une scène antique finement peinte), des tapisseries.
en bref, un vrai régal pour les yeux si vous aimez le Beau. de plus, le prestigieux nom du Louvres est associé à cette exposition puisque de nombreux objets proviennent de ce musée.
* tableau de forme ronde
Évènement : Le goût à la grecque
Type : Exposition
Lieu : Palais Royal de Madrid
Dates : 25/10/07 au 06/01/08
00:05 Publié dans Art de la Renaissance, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 17 novembre 2007
Albert Dürer - à mi-chemin entre l'artisan et l'artiste

La vie de Albert Dürer (1471-1528) illustre parfaitement les changements opérés durant la Renaissance sur les statuts des artistes. Et l'exposition au Musée Thyssen-Bornemisza, "Dürer et Cranach, Art et Humanisme dans l"Allemagne de la Renaissance" nous illustrent ces changements.
En effet, cette "révolution" intellectuelle - qui eut lieu principalement en Italie et dans les Flandres - bouleversa la vision de l'homme sur lui-même, ce dernier n'est plus dépendant de forces obscures et malveillantes mais il se situe dorénavant au centre du monde et de la nature.
L'"artiste" y était avant tout, un artisan et sont là pour le prouver les orfèvreries de Nuremberg (haut lieu de l'artisanat allemand à la fin du XV è s.).
Seulement voilà, Dürer - comme beaucoup d'artistes de l'époque - part en Italie découvrir les chefs d'oeuvre architecturaux de l'Antiquité. Il en revient convaincu que l'artiste est un intellectuel, et non pas un simple artisan, il se fait même peindre comme tel (fière allure, riches atours). Et bien entendu, sa peinture est marquée par l'influence d'italiens tels que Bellini et Mantegna.
Inévitablement, sont présentes plusieurs estampes majeures de l'artiste, bourrées de symboles, et appliquant scrupuleusement les découvertes récentes de la géométrie et de la perspective, il s'agit – entre autres - de 3 représentations des tempéraments de l'Homme: la Mélancolie, la Ferveur chrétienne, l'Intellectualisme.
Malgré le fait que les oeuvres de Albert Dürer occupe en grande partie l'exposition, un deuxième artiste allemand, non moins important, y trouve sa place, il s'agit de Lucas Cranach, l'Ancien dont les oeuvres sont particulièrement expressives au regard de l'époque.
La salle dédiée à la sorcellerie, aux scènes mythologiques (Samson et Dalila), aux femmes fatales (thème nouveau à l'époque qui n'aura de cesse de s'amplifier) est intéressante, c'est grâce à ces oeuvres que les humanistes et la petite bourgeoisie s'ouvrirent à l'art, exclusivement réservé jusqu' alors à la noblesse.
Je recommande cette exposition à un public averti et informé un tant soit peu de l'histoire de l'art, dans le cas contraire, il m'a semblé que l'exposition manquait de démagogie, audio guide inclus.
Évènement : Dürer et Cranach, Art et Humanisme dans l"Allemagne de la Renaissance
Type : Exposition
Lieu : Musée Thyssen-Bornemisza
Dates :
00:05 Publié dans Art de la Renaissance, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 28 octobre 2007
Madrid - et toi, c'est laquelle ta galerie préférée?

en novice sur le sujet, je décidai de me rendre au parc des expos de Madrid, à la 15ème édition (tout ça!) de la foire* internationale dédiée à la gravure et à l'édition d'art contemporain: ESTAMPA 2007.
je m'attendais à trois stands poussiéreux et quelques badaux et me voyait errant parmi les stands, gênée par les regards insistants des exposants. que nenni! il y avait foule! et du monsieur tout le monde par dessus le marché!
et ces visiteurs là avaient toutes les raisons d'être ravis. la profusion des stands de galeries d'art, leur agencement qui faisait en sorte que le visiteur se perde joyeusement, était propice à la bonne ambiance. une vraie mise en scène.
mis à part la foire en elle-même, le coeur du sujet: les galeries espagnoles ont profusion d'oeuvres intéressantes. art moderne avec Miró, Tapiès; art contemporain avec Vassarely, Valdés; des vidéos; art urbain avec par exemple, la Iguapop gallery (certaines oeuvres de la toulousaine Miss Van); photos...
mon petit faible pour l'art déco me pousse à vous recommender tout particluièrement la galerie les Temps Modernes, superbes meubles, séries de cadres cubistes version art déco, c'est LA galerie des artistes espagnols connus actuellement: manolo valdès, pablo palazuelo, equipo crónica, etc.
aussi le beau stand-façade du Musée d'Art Contemporain avec l'exposition de la série New-York-Madrid de José Guerrero.
c'est décidé, l'année prochaine, j'y retourne avec un plan de route.
* en général le français c'est toujours plus élégant mais là pour ce terme de "foire", je trouve les termes anglais "fair" et espagnol "feria" bien plus agréables à prononcer...non?
Évènement : ESTAMPA 2007, Foire de la Gravure et de l’Edition d’Art Contemporain
Type : Foire
Lieu : Parc des Expositions de Madrd, IFEMA
Dates : 24/10 au 28/10
00:25 Publié dans Art Contemporain, Art Moderne, Madrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




















































