lundi, 18 août 2008
Los Angeles - Merci Monsieur Getty
Je viens de passer les trois derniers jours immergée dans de la pure Beauté. Beauté architecturale, artistique, naturelle...les deux musées Getty à Los Angeles sont deux pures merveilles.
J. Paul Getty, magnat du pétrole des années 50 à 70, était un des hommes les plus riches au monde...et un immense fan d'art, notamment d'art antique et d'antiquités. Il ne verra malheureusement pas achevés les deux musées qui portent son nom.
Le Getty Center est, au delà d'un musée, un véritable centre de recherches sur l'art. Il a été conçu par le jeune architecte - à l'époque - vainqueur du Pritzker Price, Richard Meier et les jardins sont de Robert Irwin. Les différentes ailes du musée se situent en haut d'une montagne, avec vues sur Los Angeles, l'océan et les villas de Bel-Air (quartier huppé); pour y aller il faut prendre un mini tram, dont la station de départ est accolée à un jardin de sculptures exceptionnel! Pour voir l'album photos des sculptures, cliquez ici.
Robert Meier ne laisse rien au hasard, tout au Getty Center a une raison. Les murs des bâtiments, par exemple, sont faits à base de carrés, tous à la même mesure standard (un mètre), supposémment cette mesure donne une dimension humaine à l'édifice. Ces carrés sont faits en partie de travertine, roche venue directement d'Italie (plus de 100 voyages en bateau) et d'un métal blanc-beige, le fameux "brown Meier", inspiré du nom du "white meier" pour lequel l'architecte est connu. La construction du centre se fît sur treize années ! Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse admirer le site sur l'album photos ici.
L'art au Getty Center est exclusivement de l'art occidental et s'arrête à l'art moderne (pas de compétition pour le BACMA, donc). La collection permanente compte parmi de belles sculptures antiques, baroques et néo-classiques, telle les trois statues néo-classiques des déesses Vénus, Minerve, Juno de l'anglais Joseph Nollekens.
Il y a également au Getty Center une belle collection d'impressionistes et post-impressionsites, notamment le mystérieux tableau The Portal of Rouen Cathedral in morning light de Claude Monet (ci contre à droite).
Néanmoins, on ne pourrait pas parler du Getty Center sans parler de sa collection exceptionnelle d'antiquités dont une grande partie est française...et très rococo, prenez ce lit (ci-contre) attribué à Jean Baptiste Tilliard et appartenant à la maîtresse de Louis XV, la fameuse Madame de Pompadour.
La Getty Villa est une maison reproduite selon le modèle d'une villa de la Rome Antique, engloutie par l'éruption du Vésuve en 79, mais dont certains plans ont pu être établis grâce aux fouilles. Quoi de plus adéquat qu'une maison antique pour accueillir une collection d'art antique...? La Villa est située sur les hauteurs de Malibu, vue sur mer, végétation méditerannéenne, grillons...l'endroit est paradisiaque. On peux se promener dans les différents jardins, le jardin d'herbes est remarquable et les effluves ennivrantes (lavande, thym, romarin), les péristyles comptent en leur centre des fontaines, des bassins à nénuphars, des statues en bronze, des oliviers, figuiers...un vrai jardin d'Eden!
Les intérieurs sont admirables et sont une reproduction casi-exacte de ce qu'était la maison originale, les sols et murs de marbre peuvent compter jusqu'à sept marbres différents! Petit album photo de la Villa ici.
La collection est également remarquable, depuis les figures géométriques de l'ère minoénne jusqu'au statues romaines du IVè. s en passant par la vaisselle d'or et d'argent et les fresques miraculeusement reconstituées des domus, on suit un vrai cours d'art antique avec bonheur. Une des plus belles pièces se trouve dans le temple d'Herakles, c'est la statue romaine de Herakles ou Hercules (125 ap. J.C), doté de la peau du lion qu'il étrangla de ses mains lors de ses douze travaux. Regardez les motifs du sol de marbre, c'est magnifique!
03:50 Publié dans Architecture & Design, Art Baroque, Art de la Renaissance, Art du XVIIIè. s., Art Médiéval, Art Moderne, Photographie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 31 juillet 2008
Metropolitan Museum of Art - Au début, il y avait la photo...
Tout commence avec les premières photographies experimentales de William Henry Fox Talbot. La photographie Botanical Specimen, datant de 1835 est, à première vue, une petit carré gris et lorsqu'on s'y penche, on voit effectivement la silhouette d'une petite plante. Ô miracle. Fox Talbot fût le créateur de la photographie reproduisible à l'infini (contrairement au daguerreotype qui reproduisait une image unique). Et en voyant son travail postérieur, on réalise la rapidité des progrès dans le domaine, comme ces graines photographiées dans le détail en 1958, ci-contre.
Les paysages de Roger Fenton avec le romantique de Wharfe and Pool, Below the Strid de 1854, ci-contre, ainsi que ceux de Carleton Watkins qui fût d'ailleurs un des premiers photographes commerciaux: il photographiait l'Ouest américain aux temps de l'exploitation minières et les envoyait aux hommes d'affaires de la côte Est qui se délectait de ses clichés.Nadar et ses photographies de studio telles celles de Pierrots (voir en en-tête Pierrot Running), ses nus. Egalement, la seule femme de l'exposition, Julia Margaret Cameron et ses portraits atypiques, en effet cette dernière était autodidacte et ne respectat pas du tout les "règles de l'art" du moment (pose glacée, décor classique). Une magnifique photographie d'elle est celle de Déjatch Alámaya, fils du Roi Théodore d'Ethiopie "évincé" du trône par les anglais et leurs désirs d'extension géographique. Ce petit garçon fût pris en pitié par la reine Victoria et amené en Angeleterre, il tient dans ses bras une poupée et l'expression de son visage ne montre rien d'autre qu'une immense tristesse.
Ensuite, les photographies de Paris avant et après les restructurations de Haussmann de Charles Marville; Eugène Atget et ses clichés inquiétants de la vie quotidienne (ci-contre, Avenue des Gobelins, 1927, il sera d'ailleurs célébré par les surréalistes.
Enfin, les "Génies de la rue" (dixit Roberta Smith, critique d'art au NYTimes), Henry Cartier-Bresson et Brassai et le surréaliste, Man Ray. Henri Cartier-Bresson réalisera notamment plusieurs photographies assez géniales en Andalousie telle Séville, 1933 ci-contre. On y voit des enfants jouant dans les ruines, certains prêtent attention au photographe et (nous?) fixent l'objectif, d'autres vaquent à leurs activité, insouciants. L'image est cadré par un trou dans un mur blanc et capture un moment donné dans le jeu spontanné de ses enfants.Prochaine visite: les galeries d'art alternatives de Bushwick
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