vendredi, 26 septembre 2008

Bronx Museum - Depuis 1950...que s'est-il passé dans la rue?

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Il faut aller au nord de Manhattan, tout tout en haut, dans le tristement connu (pour sa violence) quartier du Bronx (qui a d'ailleurs depuis, beaucoup changé) pour voir l'exposition "Street art, street life" au Bronx Museum.

exh2_Street.jpgSi vous vous attendez à voir des tags, graffitis, et autres formes d'expression urbaine clandestine...faites demi-tour, ce n'est pas ici que vous les trouverez. Par l'expression "Street art, street life", la commissaire d'exposition a voulu désigner plutôt comment l'art s'est exprimé dans la rue et comment la rue a influencé les formes d'expression. Il s'agit plus d'un retraçage historique de cette expression. Organisée chronologiquement, l'exposition commence par les années 50-60 avec essentiellement des photographies d'artistes aujourd'hui mondialement reconnus tel cette photo intitulée Gun de William Klein (en-tête de l'article), et le "reportage-mise en scène" de George Maciunas des premières performances fluxus plutôt saugrenus mais aussi amusantes (ci-contre à gauche), il y aussi les affiches lacérées de Jacques de la Villeglé et celles de son ami Raymond Hains.

topten.jpgOn peux visualiser le film de John Lennon et Yoko Ono intitulé Rape où l'on y voit une jeune femme traquée par une caméra dans la rue puis chez elle...sorte de métaphore autobiographique. Pour clôturer cette période, un autre film qui montre la performance dans la rue de l'artiste autrichienne Valie Export (c'est son "nom de scène") durant laquelle cette dernière porte une sorte de carton sur le buste. Le côté du carton le plus exposé est entrouvert par une brèche et les passants sont invités à mettre les mains dedans et par conséquence...tripoter la jeune femme! et ce devant tout le monde et la caméra (ci-contre à droite). L'idée étant de mettre en scène la concupiscence masculine...

link-pic.gifLa période des années 70-80 est marquée par des oeuvres plutôt en relation avec l'environnement lui même de la rue. On remarque le reportage de la performance d'un an (c'était sa "spécialité") réalisée par l'artiste coréen Teh-Ching Hsieh (en couverture du Dvd, ci-contre à gauche) pour laquelle il est resté exclusivement en extérieur (dans New-York), c'est-à-dire qu'il s'est refusé à rentrer dans quelque intérieur que ce soit: édifice, voiture, métro...la seule exception: son sac de couchage! ben voyons. Et aussi la nuit passée au poste qu'il n'a certainement pas voulu. L'ensemble de textes et photographies de Sophie Calle qui s'est fait suivre durant une journée par un détective privé, qu'elle a elle même espionné, sans que lui même le sache. Bref, vous voyez, pleins de choses intéressantes, enrichissantes sur une époque et ce que les artistes faisaient de décalé en extérieur, tout en mettant en scène ce dernier.

kimsooja_a_needle.jpgEnfin, la dernière période, celles des années 90 à aujourd'hui est plus globale dans le sens ou c'est la rue en Afrique, au Japon, en Chine qui est mise en scène...à travers des photographies couleur grand format, des performances vidéos, des entretiens de gens dans la rue. L'artiste coréenne Kimsooja par exemple se filme de dos dans la rue (cheveux noirs attachés sobrement) et l'on peux voir tous les passants qui gravitent autour d'elle, interpellés par son immobilisme en contraste avec la rue qui grouille. Leurs réactions sont diverses. La performance s'appelle Needdle woman (La femme aiguille, ci-contre à gauche). L'art est ainsi moins mis en scène que les personnes elles-mêmes, serait-ce donc le bilan aujourd'hui? la rue "occidentale" serait-elle devenue tellement ennuyeuse avec ses magasins standardisés, ses restaurants bon chic bon genre que les artistes n'ont plus envie de s'y exprimer? C'est très possible...et cela ne nous surprendrait pas.

lundi, 18 août 2008

Los Angeles - Merci Monsieur Getty

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Je viens de passer les trois derniers jours immergée dans de la pure Beauté. Beauté architecturale, artistique, naturelle...les deux musées Getty à Los Angeles sont deux pures merveilles.

J. Paul Getty, magnat du pétrole des années 50 à 70, était un des hommes les plus riches au monde...et un immense fan d'art, notamment d'art antique et d'antiquités. Il ne verra malheureusement pas achevés les deux musées qui portent son nom.

6610b43c2ef2e059413b371f236f510f.jpgLe Getty Center est, au delà d'un musée, un véritable centre de recherches sur l'art. Il a été conçu par le jeune architecte - à l'époque - vainqueur du Pritzker Price, Richard Meier et les jardins sont de Robert Irwin. Les différentes ailes du musée se situent en haut d'une montagne, avec vues sur Los Angeles, l'océan et les villas de Bel-Air (quartier huppé); pour y aller il faut prendre un mini tram, dont la station de départ est accolée à un jardin de sculptures exceptionnel! Pour voir l'album photos des sculptures, cliquez ici.

fb037aa0b95894c84cad009e6c45af8e.jpgRobert Meier ne laisse rien au hasard, tout au Getty Center a une raison. Les murs des bâtiments, par exemple, sont faits à base de carrés, tous à la même mesure standard (un mètre), supposémment cette mesure donne une dimension humaine à l'édifice. Ces carrés sont faits en partie de travertine, roche venue directement d'Italie (plus de 100 voyages en bateau) et d'un métal blanc-beige, le fameux "brown Meier", inspiré du nom du "white meier" pour lequel l'architecte est connu. La construction du centre se fît sur treize années ! Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse admirer le site sur l'album photos ici.

c6adc6087a00fa06a3cada19846521d4.jpgL'art au Getty Center est exclusivement de l'art occidental et s'arrête à l'art moderne (pas de compétition pour le BACMA, donc). La collection permanente compte parmi de belles sculptures antiques, baroques et néo-classiques, telle les trois statues néo-classiques des déesses Vénus, Minerve, Juno de l'anglais Joseph Nollekens. 4bcea871d9e406b45fea60c965569bfe.jpgIl y a également au Getty Center une belle collection d'impressionistes et post-impressionsites, notamment le mystérieux tableau The Portal of Rouen Cathedral in morning light de Claude Monet (ci contre à droite).

567c7106accba4020481f9588987cd68.jpgNéanmoins, on ne pourrait pas parler du Getty Center sans parler de sa collection exceptionnelle d'antiquités dont une grande partie est française...et très rococo, prenez ce lit (ci-contre) attribué à Jean Baptiste Tilliard et appartenant à la maîtresse de Louis XV, la fameuse Madame de Pompadour.



5fbd37befd329dbba85cb7a5fb96b6d7.jpgLa Getty Villa est une maison reproduite selon le modèle d'une villa de la Rome Antique, engloutie par l'éruption du Vésuve en 79, mais dont certains plans ont pu être établis grâce aux fouilles.
Quoi de plus adéquat qu'une maison antique pour accueillir une collection d'art antique...? La Villa est située sur les hauteurs de Malibu, vue sur mer, végétation méditerannéenne, grillons...l'endroit est paradisiaque. On peux se promener dans les différents jardins, le jardin d'herbes est remarquable et les effluves ennivrantes (lavande, thym, romarin), les péristyles comptent en leur centre des fontaines, des bassins à nénuphars, des statues en bronze, des oliviers, figuiers...un vrai jardin d'Eden!
Les intérieurs sont admirables et sont une reproduction casi-exacte de ce qu'était la maison originale, les sols et murs de marbre peuvent compter jusqu'à sept marbres différents! Petit album photo de la Villa ici.
40d4eba9e0a85bb37022b2e18fec3d77.jpgLa collection est également remarquable, depuis les figures géométriques de l'ère minoénne jusqu'au statues romaines du IVè. s en passant par la vaisselle d'or et d'argent et les fresques miraculeusement reconstituées des domus, on suit un vrai cours d'art antique avec bonheur. Une des plus belles pièces se trouve dans le temple d'Herakles, c'est la statue romaine de Herakles ou Hercules (125 ap. J.C), doté de la peau du lion qu'il étrangla de ses mains lors de ses douze travaux. Regardez les motifs du sol de marbre, c'est magnifique!

mardi, 12 août 2008

San Diego - Les musées de Balboa Park

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Balboa Park est un peu le Pueblo Espanyol de San Diego, sur la colline surplombant la ville, a été érigé en 1915 un village entier au style colonial espagnol (édifices de hauteur moyenne, ornementation très chargée en fioritures, allées de colonnades...) afin d'accueillir l'exposition Panama-California, célébrant l'achèvement du canal de Panama. La majeure partie des édifices devaient être détruite, finalement ces derniers sont restés et accueillent l'afflux de touristes dans ses musées et restaurants. Ils font aujourd'hui partie du fameux Balboa Park qui compte plusieurs jardins décoratifs, un zoo et d'immenses étendues d'espaces verts.

Trois musées m'ont interpellée, le Musée d'Art de San Diego, le Timken Museum of Art et le Museum of Photographic Arts, ils sont petits mais costauds...

Le jardin de sculptures derrière le Musée d'Art de San Diego est particulièrement accueillant et très divers dans les oeuvres présentées. Voir l'album photos ici.

ed3a90515f8d2d2b0bc0ce01f6b40293.jpgMais avant toute chose, nous remarquons la présence sur la place centrale de deux sculptures de Niki de Saint Phalle, le Nikigator ci-contre et Poet and muse (voir l'album photos consacré à Balboa Park). Si vous avez été attentifs, depuis que je suis à San Diego, Niki de Saint Phalle apparaît régulièrement sur artloving; logique puisque l'artiste fit de La Jolla (quartier chic de San Diego) sa dernière résidence. Niki de Saint Phalle est connue pour ses œuvres d'action painting, munie d'un fusil chargé de sac remplis de peinture, elle tirait à vue sur des toiles maculées, elle réalise aussi sa série de Nanas, énormes sculptures bariolées de corps de femmes aux formes généreuses. Elle était enfin la compagne de Jean Tinguely, un des chef de file du mouvement des Nouveaux Réalistes, très en vogue à l'heure actuelle...

38e90b05ea25a18ada14d211087ac9ea.jpegLe Musée d'Art de San Diego présente actuellement deux expositions très intéressantes et consacrées à deux artistes féminines (décidément en Californie, il semblerait qu'ils aient moins de problèmes de parité!). La première Georgia O’Keeffe and the Women of the Stieglitz Circle présente l'œuvre très moderne et à la limite de l'abstraction de Georgia O’Keeffe, compagne de Alfred Stieglitz, un des premiers galeristes new-yorkais (gallerie 291, située au 291 sur la cinquième avenue) au début du siècle et à l'époque des débuts de la photographie. Georgia O’Keeffe peignait beaucoup de fleurs, mais elle simplifiait tellement les formes et s'approchait tellement du sujet en usant de couleurs si vives que ses peintures sont à la limite de ad2e03250bf04fd2a73062770b092206.jpgl'abstraction. L'exposition présente également le travail d'autres artistes représentées par Stieglitz telle que les photographies d'Anne Brigman (dont le thème de prédilection était la femme dans la nature, voir ci-contre) et Gertrude Käsebier, ainsi que les propres photographies du galeriste.

0a5ca1112243f94e2536a0072ffd986d.jpgL' autre exposition visitée s'intitule Eleanor Antin, Historical Takes, petite rétrospective du travail de Eleanor Antin. Cette artiste-performer-écrivaine a réalisé trois séries (2001, 2004, 2007) de photographies grand format et en couleur de mises en scènes narrant certains épisodes des civilisations grecques et romaines telle que la vie d'Hélène (la reine Sparte qui s'enfuit avec Pâris, prince Troyen) et la vie à Pompéii avant son ensevelissement. Le résultat est assez kitch puisque Eleanor ajoute certains éléments très personnels telle cette observatrice présente dans toute la série sur Pompéii, toujours en retrait et dans des postures différenciatrices du reste des personnages. Également on retrouve un vision hollywoodienne de l'histoire avec le choix des scènes photographiées, plusieurs banquets-orgies ainsi que les paysages idylliques.

jeudi, 31 juillet 2008

Metropolitan Museum of Art - Au début, il y avait la photo...

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En 2005, le MET a acquis la prestigieuse collection de photographies du XIXè et début XXè s. de l'entreprise Gilman Paper Company. Trois ans après, il consacre une exposition sur le premier siècle (1840-1940) de la photographie. C'est passionnant.

10aafdf6ddbf862c910a981760bddf2c.jpgTout commence avec les premières photographies experimentales de William Henry Fox Talbot. La photographie Botanical Specimen, datant de 1835 est, à première vue, une petit carré gris et lorsqu'on s'y penche, on voit effectivement la silhouette d'une petite plante. Ô miracle. Fox Talbot fût le créateur de la photographie reproduisible à l'infini (contrairement au daguerreotype qui reproduisait une image unique). Et en voyant son travail postérieur, on réalise la rapidité des progrès dans le domaine, comme ces graines photographiées dans le détail en 1958, ci-contre.

e6f6dd95bb3a4a27ff49a24f30e133a1.jpgLes paysages de Roger Fenton avec le romantique de Wharfe and Pool, Below the Strid de 1854, ci-contre, ainsi que ceux de Carleton Watkins qui fût d'ailleurs un des premiers photographes commerciaux: il photographiait l'Ouest américain aux temps de l'exploitation minières et les envoyait aux hommes d'affaires de la côte Est qui se délectait de ses clichés.


Nadar et ses photographies de studio telles celles de Pierrots (voir en en-tête Pierrot Running), ses nus. Egalement, la seule femme de l'exposition, Julia Margaret Cameron et ses portraits atypiques, en effet cette dernière était autodidacte et ne respectat pas du tout les "règles de l'art" du moment (pose glacée, décor classique). Une magnifique photographie d'elle est celle de Déjatch Alámaya, fils du Roi Théodore d'Ethiopie "évincé" du trône par les anglais et leurs désirs d'extension géographique. Ce petit garçon fût pris en pitié par la reine Victoria et amené en Angeleterre, il tient dans ses bras une poupée et l'expression de son visage ne montre rien d'autre qu'une immense tristesse.

127e86fc56a2106dbf6fd36f3436d394.jpgEnsuite, les photographies de Paris avant et après les restructurations de Haussmann de Charles Marville; Eugène Atget et ses clichés inquiétants de la vie quotidienne (ci-contre, Avenue des Gobelins, 1927, il sera d'ailleurs célébré par les surréalistes.





ffc21cb942f8b1da69d2c8863cdfb2ea.jpgEnfin, les "Génies de la rue" (dixit Roberta Smith, critique d'art au NYTimes), Henry Cartier-Bresson et Brassai et le surréaliste, Man Ray. Henri Cartier-Bresson réalisera notamment plusieurs photographies assez géniales en Andalousie telle Séville, 1933 ci-contre. On y voit des enfants jouant dans les ruines, certains prêtent attention au photographe et (nous?) fixent l'objectif, d'autres vaquent à leurs activité, insouciants. L'image est cadré par un trou dans un mur blanc et capture un moment donné dans le jeu spontanné de ses enfants.

Prochaine visite: les galeries d'art alternatives de Bushwick